Au lendemain de l'investiture du nouveau président colombien, une attaque contre un poste de péage dans le département du Cauca a été attribuée aux dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Cet incident, survenu le 8 août 2026, a fait au moins deux blessés parmi les employés du péage, selon les autorités locales.
Une attaque revendiquée par les dissidents des FARC
L'attaque, perpétrée à l'explosif, a visé le péage de la route panaméricaine, un axe stratégique reliant le sud au nord du pays. Les dissidents des FARC, qui n'ont pas adhéré à l'accord de paix de 2016, ont revendiqué l'opération dans un communiqué, affirmant qu'elle visait à dénoncer la présence militaire dans la région.
Le nouveau président, Gustavo Petro, dont l'investiture a eu lieu la veille, a condamné fermement cette action. Dans une déclaration à la presse, il a appelé à l'unité nationale face à la violence et a promis de renforcer la présence de l'État dans les zones affectées. "Nous ne permettrons pas que la violence entrave le chemin de la paix totale que nous avons promis aux Colombiens", a-t-il déclaré.
Le Cauca, région clé du conflit
Le département du Cauca est depuis longtemps un foyer de tensions entre les forces gouvernementales, les groupes armés illégaux et les communautés locales. Les dissidents des FARC, dirigés par des commandants comme Iván Mordisco, y sont particulièrement actifs, contrôlant des routes de trafic de drogue et d'exploitation minière illégale.
Selon l'Institut d'études pour le développement et la paix (Indepaz), plus de 80 combattants dissidents opèrent dans la région. Les affrontements avec l'armée ont fait au moins 15 morts au cours des six derniers mois, dont des civils. Cette nouvelle attaque intervient alors que le gouvernement espérait ouvrir des négociations de paix avec ces groupes, un engagement clé de la campagne de Petro.
Impact sur la politique de "paix totale"
L'attaque du péage est un défi direct à la politique de "paix totale" du président Petro, qui vise à négocier avec tous les groupes armés, y compris les dissidents des FARC et l'ELN. Le gouvernement avait annoncé, quelques jours avant l'investiture, la suspension des mandats d'arrêt contre certains dirigeants dissidents pour faciliter le dialogue.
Cependant, cette action violente pourrait compliquer les pourparlers. Les analystes estiment que les dissidents cherchent à montrer leur force et à négocier en position de pouvoir. "C'est un signal clair que les dissidents ne sont pas prêts à désarmer sans concessions majeures", explique Carlos Velandia, expert en sécurité à l'université des Andes.
La population locale, prise en otage par ces violences, exprime sa lassitude. Un habitant de la ville voisine de Popayán, interrogé par nos confrères de Caracol Radio, a confié : "Nous en avons assez de la violence. Nous voulons juste vivre en paix."
Réactions et mesures de sécurité renforcées
Le gouvernement a annoncé l'envoi de renforts militaires dans le Cauca et la mise en place d'un dispositif spécial de protection des routes nationales. Le ministre de la Défense, Iván Velásquez, a déclaré lors d'une conférence de presse : "Nous répondrons avec toute la force de l'État pour garantir la sécurité des citoyens et des infrastructures."
Les organisations de défense des droits de l'homme ont appelé à la retenue et à la protection des civils. Human Rights Watch a rappelé que les groupes armés doivent respecter le droit international humanitaire et éviter de cibler des infrastructures civiles.
Cette attaque met en lumière les défis sécuritaires majeurs auxquels doit faire face le nouveau président. Alors que Gustavo Petro a promis une transformation profonde du pays, la réalité du terrain rappelle que la paix reste un objectif lointain, semé d'embûches.



