En 1911, les touristes qui descendaient du train à Monaco découvraient un monde de luxe et de modernité. Selon le Guide Joanne, l'ancêtre du Guide Bleu, les hôtels proposaient des chambres de 7 à 50 francs par jour, avec électricité, ascenseurs et eau courante. Les ânes et mulets étaient disponibles pour les excursions, et les télégrammes coûtaient 10 centimes le mot pour les journaux.
Une destination prisée par l'élite européenne
Les voyageurs venaient de Paris, Bruxelles, Londres, Vienne, Saint-Pétersbourg et même New York. Ils cherchaient le soleil et une atmosphère unique, celle de Monte-Carlo, devenue célèbre grâce au Casino. Sur les terrasses fleuries, on croisait des souverains sans couronne, des duchesses anglaises, des officiers russes chamarrés d'or, des financiers américains, des écrivains et des artistes.
Les recommandations du Guide Joanne en 1911
Le guide indiquait qu'à Monte-Carlo, la Condamine et Beausoleil, les installations abondaient. Les prix variaient de 7 à 50 francs par jour pour les hôtels, avec des appartements meublés de 1 500 à 7 000 francs pour la saison, et des villas de 3 000 à 25 000 francs, argenterie incluse. La Principauté était alimentée en eau potable, avec l'eau fournie par le propriétaire dans les appartements meublés. Le gaz se payait 25 centimes le mètre cube, l'électricité 15 centimes l'électrowatt.
Les hôtels de luxe et leurs prestations
Le Grand Hôtel de Paris offrait 250 chambres, avec petit-déjeuner à 1 franc 25, déjeuner à 6 francs, dîner à 8 francs sans vin, bains et ascenseur. Le Riviera Palace à Beausoleil disposait d'un funiculaire électrique reliant l'hôtel à la terrasse du Casino ; la chambre à 1 lit coûtait 15 francs, à 2 lits 25 francs. Le Grand Hôtel proposait déjeuner à 6 francs, dîner à 8 francs, bains, lumière électrique, cabinet de toilette dans les chambres et chauffage central.
Services pratiques et divertissements
Les téléphones étaient disponibles au 1, rue Grimaldi à la Condamine et aux bureaux de Poste. Les concerts avaient lieu tous les jours à 2 et 8 heures dans le kiosque du Parc. Pour les excursions, Antoine Torti, quartier Saint Michel, fournissait des ânes et mulets, ainsi que des paniers pour pique-nique. Le Casino pratiquait la roulette à un seul zéro, avec un minimum de 5 francs et un maximum de 6 000 francs. Au trente-et-quarante, le minimum était de 20 francs, le maximum de 12 000 francs. Selon le règlement du Cercle des Étrangers, l'entrée des salons n'était accordée qu'aux personnes munies de cartes délivrées par des commissaires, et interdite aux habitants de la Principauté et des Alpes-Maritimes, sauf exceptions.
Les télégrammes à prix réduit
Le Journal de Monaco du 3 juillet 1901 rapportait un décret fixant la taxe des télégrammes privés à 20 centimes le mot pour les échanges entre la France, la Corse, Monaco et les vallées d'Andorre vers Tanger, avec un minimum de 1 franc. Pour les télégrammes destinés aux journaux, le tarif était réduit à 10 centimes le mot. Ces informations montrent l'importance des télécommunications pour les touristes de l'époque.
Le prince Albert Ier et l'Hirondelle
Pendant que les touristes profitaient de Monaco, le prince Albert Ier poursuivait ses recherches océanographiques. Le Journal de Monaco du 25 juillet 1911 annonçait son départ sur l'Hirondelle, un navire de 1 600 tonnes construit aux Chantiers de La Seyne, équipé de deux machines de 2 200 chevaux, de la télégraphie sans fil et de tout le nécessaire pour la navigation moderne. L'équipage comprenait le commandant d'Arodes, le lieutenant de vaisseau Bourée, MM. J. Richard, directeur du Musée océanographique, Guin, zoologiste de la mission Charcot, Papanicolaou, docteur ès sciences, Tinayre, artiste peintre, et le Docteur Louët.
En somme, le tourisme à Monaco au début du XXe siècle était une expérience complète, alliant luxe, modernité et divertissements, comme en témoigne le Guide Joanne de 1911.



