Alors que les fortes chaleurs incitent habitants et touristes à se rafraîchir dans les rivières du Sud-Aveyron, le Syndicat Tarn-amont appelle à la vigilance face à la présence de cyanobactéries. Sans interdire la baignade, il rappelle les comportements à adopter, notamment pour protéger les jeunes enfants et les chiens.
Qu'est-ce que les cyanobactéries et pourquoi sont-elles dangereuses ?
Les cyanobactéries sont des micro-organismes naturellement présents dans les rivières. Elles se développent sur les galets et la végétation aquatique sous forme de biofilms. Lorsque ces derniers se détachent, ils forment des amas flottants appelés "flocs". Les fortes chaleurs et les faibles débits estivaux favorisent leur prolifération. Certaines espèces produisent une toxine, l'anatoxine-a, particulièrement dangereuse en cas d'ingestion de biofilms ou de flocs présents sur les galets ou à la surface de l'eau. "Lorsque les biofilms se détachent, ils peuvent former des amas flottants appelés 'flocs'", explique le Syndicat Tarn-amont.
Les bons gestes à adopter
Le Syndicat Tarn-amont recommande de surveiller constamment les jeunes enfants pour éviter qu'ils ne portent à leur bouche des galets, des végétaux ou des dépôts dans la rivière. Pour les chiens, il est conseillé de les tenir en laisse près des zones concernées et d'éviter qu'ils boivent l'eau ou consomment les dépôts. En cas de symptômes suspects après une baignade, il est impératif de consulter rapidement un vétérinaire. Les pêcheurs doivent également être prudents : il est déconseillé de consommer de petits poissons entiers, et pour les plus gros, il faut les éviscérer et les étêter avant consommation ou congélation.
Situation actuelle autour de Millau
Depuis 2012, un protocole de suivi et de gestion des cyanobactéries benthiques est mis en œuvre sur le bassin du Tarn-amont, associant services de l'État, ARS, DDT, collectivités locales et le Syndicat Tarn-amont. Autour de Millau, le secteur de la Dourbie, entre Massebiau et la cité du gant, est actuellement en vigilance renforcée (niveau 3). Les analyses de début d'été ont montré la présence de biofilms à cyanobactéries sur la zone de baignade de Massebiau et sur le radier en amont. Le Tarn, en aval de Millau, est en vigilance de niveau 2, tout comme la Dourbie en amont de Massebiau. Des biofilms et flocs ont été observés sur les plages de Peyre et de Comprégnac.
En revanche, le Tarn en amont de Millau et la Dourbie à La-Roque-Sainte-Marguerite restent en surveillance (niveau 1), même si des biofilms ont été recensés à La Cresse et, dans une moindre mesure, à Paulhe. Le Syndicat Tarn-amont diffuse chaque année des informations aux communes, professionnels de santé, vétérinaires et usagers des rivières, et met à disposition une cartographie interactive pour suivre l'évolution de la situation tout l'été.



