L'été 2026 a été marqué par des épisodes de pollution importants dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Selon le bilan présenté par AtmoSud, l'observatoire régional de la qualité de l'air, lors de son « café de rentrée » ce jeudi, 16 jours de pollution ont été recensés dans les Bouches-du-Rhône. Les fortes chaleurs, les incendies et les poussières du désert du Sahara ont pesé sur l'air respiré, même si des progrès notables sont constatés.
Un été sous le signe des feux et des particules fines
Les conditions météorologiques de l'été, avec de fortes chaleurs et un manque de vent, ont favorisé l'accumulation des polluants. Les incendies ont joué un rôle majeur. L'année 2026 est « sur le podium au niveau des feux », selon l'association. Le département du Var a particulièrement été touché : « Il a concentré la majorité des incendies cet été », rappelle AtmoSud. Les panaches de fumée génèrent des particules fines dangereuses à inhaler, transportées sur plusieurs kilomètres.
Les poussières du désert du Sahara ont également contribué à la dégradation de la qualité de l'air. Portées par les vents, elles augmentent la quantité de particules. Bien que « plus grossières que celles des feux », leurs particules peuvent être inhalées. AtmoSud a relevé jusqu'à 100 microgrammes par mètre cube pendant ces épisodes, alors que le seuil d'alerte est fixé à 50. L'observatoire souligne que ces événements sont « plus fréquents et plus forts à cause du changement climatique ». Malgré cela, l'été 2026 n'est pas considéré comme « exceptionnel ».
Des progrès réels mais des efforts à poursuivre
Malgré ces épisodes, la qualité de l'air s'améliore globalement. Dans les Bouches-du-Rhône, les émissions de certains polluants ont fortement baissé en dix ans. Les voitures récentes polluent moins et les efforts dans l'industrie ou l'énergie portent leurs fruits : « nos actions sont efficaces », se félicite AtmoSud. Dans la région, le transport routier reste la première source de pollution (32 % des émissions), devant le transport maritime (26 %) et l'industrie (21 %).
Le transport maritime est pointé du doigt : ses émissions ont augmenté de 10 % ces dix dernières années, malgré les normes européennes, en raison de l'intensification du trafic. La tendance générale reste encourageante. En 2015, certains niveaux de pollution atteignaient cinq à six fois les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Aujourd'hui, ils peuvent encore les dépasser jusqu'à trois fois. « Nous sommes sur une trajectoire d'amélioration ! », se réjouit AtmoSud.
Renforcer la surveillance et sensibiliser les acteurs locaux
AtmoSud renforce la surveillance des incendies. Des capteurs sont déployés pour suivre les fumées et mesurer leur impact sur l'air. Les informations recueillies permettent d'accompagner les habitants et les autorités. L'enjeu est de « pouvoir donner les bonnes recommandations ». L'association prévoit également de sensibiliser les maires de la région, avec une formation à « la question de la qualité de l'air pour assurer la santé des citoyens et des enfants ». Le but est qu'ils connaissent « les spécificités de nos régions et les leviers d'action possibles ».
Le grand public est aussi visé. Avec « Air to Go », une application gratuite, chacun pourra connaître la qualité de l'air selon le lieu et l'heure. L'outil vise notamment les sportifs, qui pourront choisir un meilleur moment pour courir ou modifier leur parcours lorsque l'air est plus pollué. « L'air qu'on respire, c'est important », insistent les spécialistes. « La pollution de l'air, ce ne sont pas seulement les pots d'échappement. Cela touche tout le monde. »



