Incendies en France : la situation s'améliore, reste évolutive
Incendies : la situation s'améliore, reste évolutive

La lutte contre les incendies qui ravagent la France depuis plusieurs semaines est en passe de tourner, mais aucun responsable ne se permet encore d’évoquer une victoire. Samedi, Sébastien Lecornu a indiqué que les feux étaient « aujourd’hui sous contrôle », tout en prévenant que « tout cela reste très évolutif ». Dans un entretien publié par La Tribune Dimanche, il a appelé à maintenir la vigilance.

Une accalmie en Gironde, mais une surveillance constante

En Gironde, département le plus touché, « nous sommes revenus à une situation plus stable », a affirmé Sébastien Lecornu. Il a toutefois conditionné cette embellie à la météo : « si les conditions changeaient, nous reprendrions immédiatement les mesures de précaution qui s’imposent ».

Le mégafeu qui a parcouru 42 000 hectares dans le département est désormais « fixé ». Aussi le gouvernement encourage-t-il les vacanciers à ne pas bouder la région. « Aller en vacances dans le département est un geste de solidarité », a plaidé Lecornu, quelques jours après le message prudent d’une autre voix officielle : la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, avait déconseillé aux touristes de « rejoindre » le secteur.

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Dans le Var, un brasier sous haute tension

Dans le Var, la prudence reste de mise. Dans le massif du Gros Bessillon, un incendie parti vendredi a déjà détruit 1 500 hectares. Le préfet Simon Babre a reconnu que l’action des pompiers « fonctionne » pour le moment, mais a décrit une situation « extrêmement précaire », susceptible d’évoluer « à chaque instant » sous l’effet du vent et d’une « chaleur insupportable ».

Pour les zones sinistrées, l’exécutif prévoit de nommer « un coordinateur national » rattaché à Matignon afin de piloter la reconstruction. Le bilan est lourd : plus de 117 000 hectares de forêt ont brûlé en France depuis le début de l’année.

Le Porge, symbole des accusations et des dégâts

La reconstruction devra aussi répondre à la colère. Dans le village du Porge, dont 183 habitations ont été anéanties, des habitants accusent les autorités d’avoir sacrifié leurs maisons pour protéger la presqu’île du Cap Ferret. « Je leur réponds que c’est faux », a réagi Sébastien Lecornu. Selon lui, la « douleur est aujourd’hui instrumentalisée par des complotistes sur les réseaux sociaux ». Le gouvernement défend les sapeurs-pompiers, qui « prennent leurs décisions selon un seul critère : sauver des vies humaines ».

Le Porge concentre à lui seul les trois quarts des 240 logements détruits en Gironde, un chiffre qui illustre l’ampleur de la catastrophe pour cette commune.

Budget de la sécurité civile et soutien aux entreprises

Face à des surfaces brûlées records, Sébastien Lecornu estime que « la réponse a été à la hauteur ». Il rappelle que le budget de la Sécurité civile, désormais proche de 800 millions d’euros, a « quasiment doublé » depuis 2017. Il reconnaît néanmoins des marges de progrès, notamment « la prise en charge » des personnes âgées, et admet que la France n’a pas « suffisamment progressé dans la prévention, dans la planification de long cours en amont des crises ».

Côté économie, les petites et moyennes entreprises pourront compter sur l’État : Sébastien Lecornu précise que les indemnités de chômage partiel versées à leurs salariés entre le 22 juillet – début de l’incendie en Gironde – et la fin août seront « intégralement remboursées ». Une manière de soutenir les territoires sinistrés tout en relançant l’activité touristique et locale.

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