Le dernier éditorial de Coco, publié dans Libération le 1er août 2026, dresse un parallèle saisissant entre les incendies qui ravagent les forêts françaises et l'effervescence des ambitions présidentielles. Sous le titre « Forêts en feu, Canadair, présidentiables ou pas », la dessinatrice croque une semaine marquée par le dérèglement climatique et les manœuvres politiques.
Un été sous le signe du feu
Dans son regard acéré, Coco met en scène les Canadair qui tournent au-dessus des massifs en flammes. Ces avions-citernes, devenus le symbole de la lutte contre les incendies en France, sont représentés dans une frénésie d'écopages et de largages. L'éditorialiste souligne, à travers le dessin, l'urgence d'une situation où les pompiers et les forces de la sécurité civile sont poussés dans leurs retranchements.
La répétition des épisodes de sécheresse et les canicules successives transforment chaque été en une saison à hauts risques. Si l'éditorial n'énonce pas de chiffres précis, il évoque visuellement l'ampleur des surfaces menacées et la vulnérabilité des zones forestières, du sud de la France aux régions habituellement épargnées.
Le ballet des Canadair
Le dessin de Coco donne une place centrale aux Canadair, ces hydravions bombardiers d'eau qui écopent en mer ou dans des retenues avant de déverser leur chargement sur le front des flammes. L'éditorialiste joue sur le contraste entre l'efficacité attendue de ces appareils et la disproportion des moyens face à des mégafeux de plus en plus intenses.
Cette semaine vue par Coco interroge aussi la capacité de la France à renouveler sa flotte et à anticiper les prochaines années, alors que le changement climatique allonge la période des feux. L'œuvre suggère que la défense des forêts ne peut pas reposer uniquement sur des moyens aériens, mais exige une politique publique plus ambitieuse et des investissements territoriaux à la hauteur de l'enjeu.
Des présidentiables en embuscade
Mais la dessinatrice ne s'arrête pas aux flammes. Dans la seconde partie de son éditorial, elle se tourne vers le jeu politique. À l'approche de l'échéance de 2027, les « présidentiables » – réels ou supposés – occupent le terrain médiatique. Coco croque ces personnalités en pleine manœuvre, testant leurs discours, multipliant les déplacements et les déclarations.
Le titre « présidentiables ou pas » souligne le flou qui entoure les ambitions de chacun. L'éditorial pointe l'écart entre l'urgence climatique et les préoccupations politiciennes, tout en reconnaissant que les incendies peuvent devenir un sujet de campagne à part entière. Le dessin met en scène des silhouettes politiques qui cherchent à tirer profit de la crise sans toujours proposer de solutions durables.
Le regard acéré de la dessinatrice
Coco, connue pour son trait mordant et son engagement, façonne une satire où les Canadair font figure de héros discrets pendant que les politiques s'agitent. Son éditorial est paru dans la rubrique « Idées et débats » de Libération, qui donne régulièrement la parole à des dessinateurs de presse. La chronique « La semaine vue par » propose un arrêt sur image à la fois esthétique et critique.
Le dessin de presse a ceci de particulier qu'il condense en une image des réflexions qui demanderaient des colonnes entières. Coco maîtrise cet art de la synthèse, et son éditorial de la semaine joue sur les registres de l'absurde et de la gravité, sans jamais tomber dans le misérabilisme ni la caricature facile.
Urgence climatique et calculs politiques
Au-delà du simple commentaire, cet éditorial de Coco invite à réfléchir à la hiérarchie des urgences. Alors que les forêts brûlent et que les pompiers épuisent leurs forces, les prétendants à l'Élysée peaufine leur logiciel électoral. La dessinatrice suggère qu'un décalage dangereux se creuse entre les attentes des citoyens, frappés par les catastrophes naturelles, et la temporalité des stratégies politiques.
La chronique s'achève sur une note à la fois désabusée et lucide : les Canadair sont au front, mais les vrais changements doivent venir d'en haut. Coco rappelle, par le rire et l'ironie, que la survie des forêts n'est pas seulement une affaire d'écopages, mais une question de volonté politique, de planification écologique et de priorité accordée à l'intérêt général.



