La CGT propose une force anti-incendie étatique à Cuers ou Hyères
CGT: une force anti-incendie étatique à Cuers ou Hyères

Ce mardi matin, une centaine de salariés de l’Atelier industriel aéronautique de Cuers-Pierrefeu (AIA CP) se sont rassemblés devant l’atelier pour soutenir l’implantation d’une flottille de bombardiers d’eau sur la base de Cuers ou de Hyères. La maintenance de cette flottille serait confiée à l’AIA, qui emploie environ 960 personnes sous statut. Le projet est porté par la CGT de l’AIA CP et la CGT du Var.

Selon les syndicats, cette force de frappe anti-incendie serait rattachée au ministère des Armées, à l’état-major de l’armée de l’air et au service industriel de l’aéronautique. « La France deviendrait le premier pays européen à avoir une force de frappe anti-incendie 100 % étatique », affirment-ils. L’idée avait été lancée avant les incendies dramatiques qui touchent le Var, mais elle prend une résonance nouvelle alors que les feux se multiplient dans toute la région et au-delà. La CGT défend ce projet auprès des élus, du préfet du Var et de l’ensemble des pouvoirs publics et acteurs concernés.

Une flottille au plus près des feux

Cyril Agostino, secrétaire général CGT-AIA, rappelle que les zones forestières les plus sensibles au feu augmentent, tandis que les forces aériennes sont de moins en moins nombreuses et que la flotte vieillit. L’installation d’une nouvelle flottille sur la base de Cuers ou d’Hyères, où l’AIA possède une antenne, permettrait de répondre plus rapidement à l’urgence dans le Var, les Alpes-Maritimes et peut-être le 13. « On porte un projet avec une nouvelle conception de la lutte contre les feux de forêt, insiste-t-il. Des bombardiers d’eau et une lutte contre l’incendie qui seraient 100 % étatiques, dont l’entretien serait fait par nos équipes de l’AIA. »

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Le syndicaliste insiste sur les atouts du site : « On a les compétences, la superficie pour les accueillir, les techniques, des bureaux d’études, des bureaux techniques, des ouvriers qui savent faire l’entretien de ces matériels », poursuit-il. Il précise qu’il ne s’agit pas d’une mise en concurrence avec Nîmes, mais de disposer d’une force d’intervention très réactive, au plus près des feux. « Il va falloir qu’à un moment donné l’État mette les moyens pour répondre à ça. Des moyens humains bien sûr et des moyens financiers. »

Un plan de charge supplémentaire pour l’AIA

Spécialisée dans la maintenance en condition opérationnelle des aéronefs de la Marine et de l’armée de l’Air, l’AIA y verrait un double intérêt : améliorer la rapidité de la lutte contre les feux de forêt et sécuriser son plan de charge. « On serait plus du côté de la maintenance, de la transformation d’avions. La construction, on laisse ça à ceux qui savent faire. Nous sommes reconnus pour notre expertise, pour notre qualité de travail. Autant qu’elles soient au service du bien commun », ajoute Cyril Agostino.

Pour l’AIA, cette implantation apporterait un plan de charge supplémentaire. Les appareils actuellement pris en charge, comme les ATL2, les Dauphins et les Panthers, vieillissent. « On n’a aucune assurance sur l’avenir des charges qui vont nous être confiées », souligne le syndicaliste. Le projet créerait de l’emploi et des débouchés, alors que l’AIA a contribué à la création d’une classe aéronautique au lycée de Costebelle, à Hyères.

Une initiative reproductible

Anaïs Pascual, membre du bureau de l’Union départementale CGT du Var, conclut : « Un projet qui pourrait être reproduit sur différents territoires français. L’AIA est présente en de nombreux endroits. »

Ce mardi, une centaine de salariés sur les quelque 960 sous statut au sein de l’AIA se sont réunis pour montrer leur attachement à ce projet. La balle est désormais dans le camp de l’État, appelé à mettre les moyens humains et financiers nécessaires pour protéger les forêts et les populations.

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