CalX révolutionne la valorisation des coquilles d'huîtres en Nouvelle-Aquitaine
L'entreprise CalX, fraîchement implantée sur la commune de Gujan-Mestras en Nouvelle-Aquitaine, donne une seconde vie aux coquilles d'huîtres, transformant ce déchet maritime en ressource stratégique à dimension locale, nationale et internationale. Fondée par Douglas Bertin et Quentin Germe, deux ingénieurs passionnés, cette jeune pousse développe une approche innovante qui combine valorisation industrielle et respect de l'environnement.
Deux activités complémentaires pour une économie circulaire
CalX déploie simultanément deux axes d'activité. Dans un premier temps, l'entreprise fournira de la matière première au secteur industriel en commercialisant de la coquille d'huître broyée. Une usine spécialisée va être implantée dans la zone d'activité Actipôle, équipée de machines permettant de concasser et tamiser les coquilles selon différentes granulométries.
Ces mollusques présentent l'avantage considérable d'être essentiellement composés de calcaire, une ressource minérale précieuse. L'objectif pour la première année d'exploitation est ambitieux : traiter 1 500 tonnes sur les 2 000 tonnes du gisement actuel situé dans le sud du Bassin d'Arcachon. Cette initiative vient répondre à un problème environnemental persistant, car depuis plus de dix ans, les coquilles collectées auprès des ostréiculteurs finissaient en tas inexploités ou quittaient le territoire sans valorisation.
Innovation majeure : un ciment marin bas carbone
Parallèlement à cette activité de broyage, les deux ingénieurs poursuivent des recherches approfondies pour finaliser leur « recette secrète » de ciment marin et en tester la fiabilité. Leur constat initial était double : « Il y a une abondance de coquilles d'huîtres sur le Bassin dont on ne sait que faire et, de plus, le béton traditionnel pollue considérablement ».
Après quatre années de collaboration scientifique avec l'Institut de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) et le Centre national de recherche scientifique (CNRS), CalX s'apprête à commercialiser un ciment « marin » révolutionnaire à faible empreinte carbone. Ce matériau innovant permettra de fabriquer du béton spécialement adapté au domaine maritime, sans recours à des produits chimiques nocifs.
Caractéristiques uniques et applications prometteuses
Entièrement minéral et composé de produits issus de la terre et de la mer, ce béton marin présente la particularité remarquable de favoriser la fixation des espèces marines. Conçu sans processus de chauffe énergivore, contrairement au ciment classique, il trouvera des applications dans la construction de digues, de ports, de pontons et d'autres infrastructures côtières.
« Ces constructions seront de plus en plus nécessaires avec la montée des eaux liée au changement climatique », soulignent les fondateurs. L'objectif est d'accompagner l'industrialisation raisonnée de la mer tout en recyclant un déchet provenant directement des activités maritimes, créant ainsi une boucle vertueuse d'économie circulaire.
Une entreprise ancrée dans son territoire
Le projet de CalX se distingue par son respect affirmé de la biodiversité, valeur fondamentale de l'entreprise. L'approche privilégie systématiquement les circuits courts et le travail en partenariat étroit avec les ostréiculteurs locaux, eux-mêmes demandeurs de solutions de valorisation locales pour leurs déchets.
Le travail remarquable de ces deux jeunes entrepreneurs de 25 et 26 ans a déjà été reconnu par plusieurs distinctions. CalX a été lauréate de l'appel à projet de la Cobas en 2024 et, depuis mars 2025, bénéficie d'un programme d'incubation au pôle économique de La Teste-de-Buch. Ce dispositif de soutien constitue un véritable accélérateur pour le développement de leurs activités innovantes.
L'entreprise ambitionne de démontrer qu'une approche économiquement viable peut parfaitement s'accorder avec des principes écologiques stricts, minimisant l'impact sur l'environnement tout en créant de la valeur ajoutée locale. Cette initiative pionnière pourrait bien inspirer d'autres régions côtières confrontées à des défis similaires de gestion des déchets maritimes.



