Éric Essayagh, président de l'association cultuelle israélite d'Antibes depuis mars, a présenté mercredi 26 août 2026, à la synagogue de Juan-les-Pins, la feuille de route de son mandat de quatre ans. Il a notamment insisté sur la préservation de la qualité de vie des personnes de confession juive dans la ville, malgré quelques incidents isolés.
Une communauté sereine face aux tensions
Interrogé sur le climat local, Éric Essayagh a déclaré : « Nous n'avons pas à nous plaindre. Et nous sommes très satisfaits du positionnement des élus locaux. » Il a toutefois mentionné des faits isolés, comme deux jeunes pris à partie un soir parce qu'ils portaient une kippa, ou des croix gammées dessinées à l'intérieur de la synagogue l'année dernière, attribuables à un fidèle de confession juive. « Ce sont des incidents qui n'ont rien de comparable avec ce qu'on peut entendre en boucle dans les médias nationaux », a-t-il ajouté.
Le président a également salué la réactivité de la mairie après un incident sur le marché, où un groupe avec des banderoles hostiles à Israël a été signalé. « J'en avais immédiatement alerté le maire, qui a reconnu l'illégalité de la démarche », a-t-il précisé.
Gestion du flux touristique et vie communautaire
La synagogue « Mounada », située au chemin des Sables à Juan-les-Pins, accueille le culte tout au long de l'année. En raison de sa capacité limitée, les offices sont parfois déplacés vers le centre culturel pendant l'été pour faire face à l'afflux de vacanciers. Un second lieu de prière existe sur l'avenue Courbet, animé par le mouvement Habad-Loubavitch.
La population de la ville étant multipliée par trois en été, la fréquentation de la communauté suit la même proportion. Les points de vente certifiés cachers (restaurants, boulangeries, boucheries, supérettes) se multiplient en été et diminuent de moitié en hiver. « Ce sont de véritables lieux de vie », a souligné Éric Essayagh.
Les chantiers engagés et les valeurs défendues
Depuis sa prise de fonction, Éric Essayagh a engagé plusieurs chantiers : refonte des statuts pour distinguer le cultuel du culturel, abaissement de l'ancienneté d'adhésion de deux à un an pour encourager l'investissement de nouvelles personnes, renforcement de la coopération avec le service de cacherout de Nice, restauration du mikvé (bain rituel), dynamisation des cours et conférences donnés par le rabbin, et organisation d'événements festifs.
Les objectifs sont de « pérenniser l'institution, assainir sa gouvernance et planifier d'importants travaux de rénovation, dont le toit et les extérieurs du centre culturel ont grandement besoin ». Le président a également insisté sur le vivre-ensemble : « Vous trouvez des personnes de confession musulmane qui travaillent dans des restaurants cachers, et tout se passe à merveille. C'est la même chose avec les chrétiens, l'amitié perdure. Nous ne sommes ni des extrémistes ni des rigoristes, nous aspirons à vivre paisiblement. »



