Tony Baros, co-président de Nice à vélo et porte-parole du collectif Vélo Sud, estime que la priorité est désormais de relier les quartiers excentrés de Nice au réseau cyclable. Il salue les aménagements récents en centre-ville, mais souligne que la région Provence-Alpes-Côte d'Azur reste la plus mal notée de France métropolitaine, selon le baromètre vélo.
Des progrès visibles, mais une marge de progression importante
« Il y a eu beaucoup d'aménagements réalisés en faveur de la pratique du vélo en ville ces dernières années, notamment à Nice, et les premiers résultats sont déjà visibles », constate Tony Baros. Il note une augmentation des usagers et une diversification des profils : « On n'est plus seulement sur le seul salarié qui prend son vélo pour aller travailler. Désormais, on voit des jeunes, des personnes âgées, des familles, notamment à vélo-cargo. »
Malgré ce bilan positif, le porte-parole de Vélo Sud rappelle que « la marge de progression est encore très importante ». Le collectif, créé récemment, regroupe 24 associations de toute la région et vise à porter des projets et des plaidoyers communs sur des sujets régionaux comme la mobilité des lycéens ou les intermodalités vélo-train et vélo-car.
Les quartiers excentrés, gros point noir
Le principal point noir identifié par Tony Baros est la disparité des aménagements selon les quartiers. « À Nice, le centre-ville est très bien doté mais de nombreux quartiers excentrés ne sont pas reliés au réseau cyclable », explique-t-il. Il cite notamment Nice Nord, Nice Ouest et Nice Est, qui « ont un énorme potentiel pour le vélo » car ils sont « plats et denses en habitat ».
Relier ces quartiers permettrait de désengorger le trafic automobile et de libérer des places de stationnement, selon lui. Le porte-parole insiste sur le fait que la région obtient « la pire note de toutes les régions métropolitaines hors Corse » au baromètre vélo, ce qui justifie une action renforcée.
Partager la route plutôt que multiplier les pistes
Tony Baros ne prône pas la création de pistes cyclables partout. « Les pistes réservées au vélo sont indispensables sur les axes de grande circulation et de grande vitesse, les axes structurants d'une ville », précise-t-il. En revanche, dans les quartiers, il préconise de partager la route, à condition de réduire la limitation de vitesse : « Qu'on soit à 30 km/h partout et à 50 km/h seulement sur certains axes. Aujourd'hui, à Nice par exemple, c'est tout le contraire. »
Cette approche, combinée à des aménagements ciblés, pourrait améliorer la pratique du vélo dans les quartiers excentrés et contribuer à apaiser la ville, conclut-il.



