Sécheresse et pollution : repolitiser l'usage de l'eau
Sécheresse et pollution : repolitiser l'usage de l'eau

Dans un contexte de sécheresse persistante et de pollutions croissantes, un collectif de chercheurs et d'acteurs de la société civile appelle à une repolitisation des usages de l'eau. Selon une tribune publiée dans Le Monde, la gestion actuelle de l'eau en France est trop technique et dépolitisée, ce qui empêche de répondre aux défis environnementaux et sociaux.

Une gestion technocratique en question

Les auteurs de la tribune estiment que la politique de l'eau est dominée par des approches technocratiques et sectorielles, qui favorisent les intérêts économiques au détriment du bien commun. Ils soulignent que la sécheresse de 2022 a révélé les limites de ce modèle, avec des restrictions d'usage et des conflits entre usagers (agriculture, industrie, consommation domestique).

Selon les données du ministère de la Transition écologique, les épisodes de sécheresse ont augmenté de 50 % en vingt ans en France. Parallèlement, les pollutions aux nitrates et aux pesticides persistent, touchant 60 % des masses d'eau souterraines.

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Repolitiser pour mieux partager

Le collectif propose de remettre la question de l'eau au cœur du débat public, en impliquant les citoyens dans les décisions. Il s'agit de définir collectivement les priorités d'usage, en tenant compte des enjeux écologiques et de justice sociale. "Il est temps de sortir d'une gestion confisquée par quelques experts et lobbies", déclare l'un des signataires, la sociologue Sarah L. (nom modifié).

Les auteurs recommandent notamment de renforcer les comités de bassin et de créer des assemblées citoyennes de l'eau. Ils appellent aussi à une réforme de la tarification, pour inciter à la sobriété et financer la dépollution.

Des pistes concrètes pour l'action

Parmi les mesures concrètes, le collectif suggère d'interdire les usages non essentiels de l'eau en période de pénurie, comme l'arrosage des golfs ou le lavage des voitures. Il préconise également de soutenir l'agriculture biologique et de réduire l'irrigation intensive, qui représente 80 % de la consommation d'eau en été.

La tribune s'inscrit dans un mouvement plus large de repolitisation de l'environnement, qui gagne du terrain en France et en Europe. "L'eau est un bien commun, pas une marchandise", concluent les auteurs.

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