Le tribunal administratif de Toulon a annulé la délibération de la métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) du 28 septembre 2023, qui modifiait le Plan local d'urbanisme pour permettre l'installation d'un pôle de valorisation des déchets sur le site de La Diligence, entre Le Pradet et Carqueiranne. La décision, rendue publique le 23 juillet 2026, donne raison à un collectif de sept associations qui contestaient ce projet depuis 2024.
Une victoire pour le collectif associatif
« On est un petit collectif face à l’ogre Toulon Provence Méditerranée, alors forcément, on est très satisfait », a déclaré Nicolas Pigaglio, président de l’Association de défense du Plan de La Garde, l’une des associations requérantes. Le collectif regroupe également Var inondations écologisme, France nature environnement Paca, France nature environnement 83, Le Pradet environnement, et les Comités d’intérêt local La Grenouille et Pradet Nord-Est.
Le juge a estimé que la délibération était entachée d’illégalité, « compte tenu de l’intensité du risque d’inondation […] de la parcelle en litige, à la fois par ruissellement et par débordement, de son implantation en amont de la Règue dans le périmètre de protection rapprochée du captage de Fontqueballe, et de l’exposition importante de la ressource en eau ». Le tribunal a également souligné que le projet n’excluait pas une installation de méthanisation des déchets, ce qui aggravait les risques.
Risques d'inondation et de pollution
Bien que le terrain de La Diligence ne soit pas classé en zone inondable, les associations ont démontré qu’il l’était dans les faits. « On a réuni pas mal de témoignages édifiants en ce sens, a affirmé Nicolas Pigaglio. Le plan de prévention des risques n’est pas à jour, et ne prend par exemple pas en compte les dernières inondations d’ampleur intervenues en 2010, 2011 et 2014. »
Autre point crucial : le risque de pollution de la ressource en eau. Le puits de Fontqueballe, situé à proximité, alimente en eau potable les communes de La Garde et une partie du Pradet. « Le projet se situe tout près du puits », a rappelé le président de l’association.
Le maire du Pradet veut poursuivre
Hervé Stassinos, maire du Pradet, a pris acte de la décision mais ne compte pas abandonner. « C’est un projet d’intérêt public, a-t-il plaidé. Cette ressourcerie va permettre de mettre aux normes une déchetterie qui est plus que vieillissante. C’est un projet essentiel, autant pour les usagers que pour les agents qui y travaillent. »
L’élu a annoncé son intention de contester le jugement : « On va reprendre notre dossier, il manquait peut-être deux-trois choses, les normes étant de plus en plus compliquées. Personnellement, j’ai la volonté d’aller jusqu’au bout. C’est le seul terrain qu’on a de disponible, de toute façon. » La métropole TPM et la mairie ont jusqu’au 7 septembre 2026 pour faire appel.
Un projet contesté depuis l'origine
Le projet de ressourcerie visait à remplacer l’actuelle déchetterie municipale, dont la fermeture est exigée par la préfecture depuis plusieurs années en raison de sa situation en zone inondable rouge. Le collectif d’associations ne s’oppose pas au principe d’une ressourcerie, mais conteste son emplacement. « Une ressourcerie, on est tous d’accord pour dire que c’est une bonne idée, a conclu Nicolas Pigaglio. Mais pas à cet endroit. D’autant que géographiquement, ça ne se justifie pas forcément : pourquoi la faire absolument au Pradet, alors que la déchetterie de Carqueiranne se trouve à 3,5 km de là, et celle de La Moutonne à 2,5 km ? »



