La triche est devenue omniprésente dans les cours, en ligne et dans les livres, jusqu'à l'intelligence artificielle, et appelle d'urgence une éthique de la triche. Dans son billet publié le 12 septembre 2026, la chroniqueuse Barbara Krief plaide pour une charte mondiale des bons usages de la fraude.
Une pratique généralisée à tous les domaines
Selon Barbara Krief, la triche s'est installée dans tous les espaces de la vie quotidienne, des salles de classe aux plateformes numériques, en passant par la littérature. Les enseignants universitaires s'inquiètent notamment de voir leurs élèves sous-traiter leurs devoirs à ChatGPT, l'assistant conversationnel développé par OpenAI.
John Paul Rollert, qui enseigne le leadership, l'éthique et la politique à Harvard, exprime son désarroi dans un article intitulé « Une société de tricheurs », paru dans « The Atlantic » la veille de la rentrée des classes. « Je suis atterré par le nombre de jeunes gens qui semblent s'habituer à la triche comme style de vie », écrit-il.
Les jeunes victimes d'une génération d'aînés
La chroniqueuse nuance toutefois ce constat. Les « jeunes », qui dénoncent à leur tour l'ironie de se voir dispenser des cours co-créés par la machine, se font distancer par leurs aînés. Ces seniors gouvernent les puissances mondiales dans un parfum de post-vérité, à l'image de Donald Trump, qui possède une page Wikipédia dont le contenu est régulièrement contesté.
Cette situation soulève des questions éthiques fondamentales. L'omniprésence de la triche, facilitée par les outils numériques, impose une réflexion collective sur les usages acceptables et les limites à ne pas franchir.
Un appel à une régulation internationale
Face à ce constat, Barbara Krief appelle à la création d'une charte mondiale des bons usages de la fraude. Cette initiative viserait à encadrer les pratiques dans tous les domaines concernés, de l'éducation à la vie publique, en passant par les interactions en ligne.
Le billet, réservé aux abonnés de BibliObs, s'inscrit dans la continuité des débats sur l'impact de l'intelligence artificielle sur les pratiques académiques et sociales. Il invite à une prise de conscience collective sur les dérives possibles et la nécessité de définir des normes éthiques adaptées à l'ère numérique.



