Les pompiers refusent le titre de héros et dénoncent le manque de moyens
Pompiers : non aux héros, oui aux moyens

Les sapeurs-pompiers, mobilisés en masse dans le sud-ouest, le Var ou encore la Drôme pour combattre les incendies estivaux, sont souvent qualifiés de « héros ». Mais les neuf syndicats de la profession ont publié lundi soir un communiqué commun pour rejeter ce terme. Selon eux, cette appellation servirait à « masquer le délitement de la Sécurité civile ».

Un refus symbolique mais lourd de sens

Derrière ce refus se cache une réalité préoccupante : le manque de moyens, des équipes épuisées et une profession oubliée une fois les flammes éteintes. « Nous refusons que le mot ''héros'' serve une nouvelle fois à dissimuler la réalité », peut-on lire dans le texte. Les pompiers ne réclament pas de glorification, mais des conditions de travail décentes.

Manuel Coullet, secrétaire général de SUD SDIS, a déclaré à 20 Minutes : « Nous ne sommes pas des héros, nous faisons juste notre boulot, dans des conditions qui sont la résultante de la politique d’abandon de la Sécurité civile par les politiques. » Il insiste : « Aujourd’hui, les pompiers travaillent dans des conditions dantesques avec des moyens peu adaptés aux défis d’aujourd’hui et de demain. » Selon lui, les pompiers français ne sont « pas prêts » à affronter les situations extrêmes liées au réchauffement climatique.

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Des équipements inadaptés et un risque sanitaire

Le représentant syndical pointe du doigt des exemples concrets : « De plus en plus d’épisodes climatiques, et pas uniquement des feux de forêts, nécessitent des interventions durables. Mais nous manquons d’effectifs et de moyens pour nous protéger. Ces derniers jours, les pompiers se sont déplacés pour éteindre le feu en Gironde avec des cagoules en coton. Si on continue comme ça, on va vers une vague de cancers. »

Cette situation résulte, selon l’intersyndicale, de « plus de vingt années de sous-investissement dans la Sécurité civile, d’alertes répétées restées sans réponse et de choix politiques qui ont progressivement affaibli » leur capacité à faire face « aux crises majeures ». Les journées à rallonge, le manque de sommeil et le matériel vieillissant sont le quotidien des soldats du feu.

Des promesses non tenues après les feux de 2022

Manuel Coullet rappelle que chaque année, les pompiers interviennent sur des feux de forêts plus ou moins importants. Il cite en exemple les incendies de 2022 dans la forêt des Landes, qui avaient conduit à la mise en place des « pactes capacitaires ». Ces accords engagent l’État à contribuer au renforcement des moyens matériels des services d’incendie et de secours (SIS), notamment pour la détection et la lutte contre les feux de forêts. Mais « ensuite, on nous oublie, on oublie que le manque de moyens, c’est toute l’année », déplore-t-il.

La solidarité citoyenne ne doit pas remplacer l’État

Dans leur communiqué, les syndicats saluent la « chaîne de solidarité remarquable » déployée par la population lors des récents sinistres. Manuel Coullet précise : « Les collègues présents sur les feux ont vu arriver des plateaux-repas livrés par des riverains et des bénévoles, mais ce n’est pas à la population d’endosser ce rôle et de compenser les insuffisances du service public. »

Face à cet énième épisode ravageur, la profession appelle à un engagement financier durable de l’État, à un recrutement massif « de pompiers professionnels », à l’amélioration des équipements et du matériel opérationnel ainsi qu’au « suivi médical renforcé » du personnel exposé. Et ce, sans applaudissements.

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