Dans une tribune publiée dans Le Monde, Pierre Jouvet, député européen, lance un appel fort : l'argent public de l'Europe doit cesser de financer sa propre désindustrialisation. Selon lui, les subventions et aides publiques européennes contribuent encore trop souvent à délocaliser des activités industrielles hors de l'UE, au détriment de l'emploi et de la souveraineté économique.
Un constat alarmant sur l'utilisation des fonds européens
Pierre Jouvet s'appuie sur des exemples concrets : des entreprises perçoivent des aides européennes pour moderniser leurs sites, puis ferment ces mêmes sites quelques années plus tard, délocalisant leur production dans des pays à moindre coût. Cette pratique, qu'il juge « inacceptable », conduit à un gaspillage de l'argent public et à une perte de compétences industrielles.
Le député européen pointe du doigt l'absence de conditionnalité stricte dans l'attribution des fonds. Il propose que toute aide publique soit assortie d'engagements contraignants en matière de maintien de l'emploi et d'investissement sur le territoire européen.
Une nécessité : réorienter les financements vers l'industrie verte
Pour Pierre Jouvet, l'Europe doit opérer un virage majeur : utiliser l'argent public pour soutenir la transition écologique et créer des emplois durables. Il appelle à une « préférence européenne » dans les marchés publics et à un durcissement des règles sur les aides d'État, afin d'éviter que des fonds publics ne financent des projets contraires aux objectifs climatiques.
Il souligne que la course mondiale aux subventions vertes, notamment lancée par les États-Unis avec l'Inflation Reduction Act, impose à l'Europe de réagir rapidement. « Nous devons investir massivement dans les technologies propres, mais aussi garantir que ces investissements créent de la valeur ajoutée sur notre sol », écrit-il.
Des propositions concrètes pour une industrialisation durable
Le député avance plusieurs pistes : conditionner les aides à la création d'emplois nets, instaurer un « bonus-malus » sur les financements européens, ou encore créer un fonds souverain européen pour soutenir les filières stratégiques. Il insiste sur la nécessité de renforcer le dialogue social et la participation des salariés aux décisions d'entreprise.
Il conclut en appelant à une mobilisation citoyenne et politique : « L'Europe ne peut pas continuer à financer sa propre disparition industrielle. Il est temps de changer de logique. »



