« Il n'y a pas d'économie sur une planète inhabitable » : l'appel de 170 entrepreneurs
« Il n'y a pas d'économie sur une planète inhabitable » : appel de 170 entrepreneurs

« Il n'y a pas d'économie sur une planète inhabitable. » C'est le cri d'alarme lancé le 29 juillet 2026 par les 170 membres de la Climate House, un collectif d'entrepreneurs français. Dans une tribune, ils dénoncent l'aveuglement face aux catastrophes climatiques qui frappent l'Hexagone cet été : incendies dévastateurs, canicules records, sécheresses prolongées. Selon eux, les dégâts ne sont pas seulement écologiques mais systémiques : routes, réseaux électriques, exploitations agricoles, commerces, emplois détruits en quelques heures. La santé est aussi menacée, avec des particules fines et des maladies respiratoires qui pèseront sur le système de santé pendant des mois. Et l'éco-anxiété gagne ceux qui voient leur territoire disparaître.

L'économie brûle avec la nature

Le collectif rappelle que le système actuel place la nature comme simple ressource pour la croissance, opposant à tort économie et écologie. Or, le vivant est le socle de tout modèle économique. « Un agriculteur dépend de la santé de ses sols et de ses pollinisateurs. Un assureur dépend de la stabilité du climat », écrivent-ils. Ils plaident pour une internalisation des coûts : « On ne peut pas privatiser les gains et socialiser les dégâts. » Une économie qui paie ses vrais coûts devient plus sobre, inventive et résiliente.

Prévention moins chère que réparation

Les entrepreneurs constatent que lors des incendies, des agriculteurs prêtent leurs tracteurs, des entreprises du BTP envoient leurs engins, des artisans offrent leur temps. « Cette solidarité rappelle que les entrepreneurs sont déjà des acteurs de la protection. Reste à transformer ce réflexe d'urgence en réflexe de prévention. » Ils proposent des solutions concrètes : les assureurs doivent investir dans la santé des écosystèmes, les banques financer des projets régénératifs à taux préférentiels, les entreprises s'acquitter d'un dividende sociétal pour régénérer les écosystèmes, et les territoires créer des fonds d'investissement « patrimoine naturel ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Politiques publiques et changement d'échelle

Le collectif insiste sur la nécessité de politiques publiques ambitieuses pour l'adaptation et la résilience. « Protéger est une responsabilité régalienne de l'État », qui doit coordonner les efforts. « Nous n'avons plus le luxe de voir émerger des politiques court-termistes », ajoutent-ils, appelant à un changement d'échelle. À la rentrée, lors des discussions budgétaires, ils regarderont « celles et ceux qui nous gouvernent ».

Résistance collective

Ils appellent à une résistance : contre l'angoisse paralysante par l'action collective, contre la désinformation par la contextualisation scientifique, contre l'idée qu'il est trop tard, et contre une politique populiste manquant de courage. « En tant qu'acteurs économiques, c'est notre responsabilité, notre envie, et notre seule façon de garder l'élan vital », concluent-ils. Parmi les signataires figurent Lucie Basch (Too Good To Go), Christian Clot (Human Adaptation Institute), Santiago Lefebvre (ChangeNOW), ainsi que 170 entrepreneurs.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale