Depuis le 6 août 2026, plus aucune fontaine de Vence ne coule en continu. La municipalité a équipé la dernière fontaine libre, allée des Fleuristes, d'une pédale, mettant fin à l'écoulement permanent de l'eau. Cette décision intervient alors que la ville est placée en état de « crise », le niveau maximal d'alerte sécheresse, depuis un arrêté préfectoral du 24 juillet 2026.
Une vingtaine de fontaines concernées
Vence compte environ vingt fontaines, dont deux classées aux Monuments historiques. Toutes sont désormais équipées de boutons-poussoirs, de pédales, ou sont à l'arrêt. La municipalité explique : « La dernière qui coulait en continu, allée des Fleuristes, a été équipée hier d'une pédale. Toutes les fontaines sont désormais équipées de boutons-poussoirs, de pédales, ou à l'arrêt. »
La ville, connue pour ses fontaines célébrées chaque année lors de la « Fête des fontaines » le dernier week-end de mai, subit de plein fouet la sécheresse qui touche les Alpes-Maritimes. Avec Cagnes-sur-Mer, la Gaude, Saint-Jeannet et Saint-Paul-de-Vence, Vence fait partie des cinq communes du département placées en état de crise.
Des restrictions drastiques
L'arrêté préfectoral impose des restrictions sévères : interdiction de remettre à niveau les piscines individuelles, de laver les voitures à domicile, d'arroser les potagers et espaces verts de jour comme de nuit. Les golfs ne peuvent être arrosés que sous conditions spécifiques, et les centres de lavage automobile sans système de recyclage sont fermés.
Ces mesures s'ajoutent à l'arrivée d'une cinquième vague de chaleur en France, aggravant la situation. Les habitants doivent désormais composer avec des fontaines à usage limité, un symbole fort dans une ville où l'eau a toujours été au cœur de l'histoire.
La source de la Foux, une histoire de 2 000 ans
Les fontaines de Vence sont toutes alimentées par une même source : celle de la Foux. Captée dès l'époque romaine, son eau était acheminée par un aqueduc au Ier siècle après J.-C. pour alimenter la ville et remplir les thermes. Cette eau fraîche, réputée de bonne qualité, est faiblement minéralisée, pauvre en sodium et aux vertus diurétiques.
« La cité était entourée d'un fossé rempli de ses eaux sauf côté nord où se situent les remparts, précise la commune. Cette eau de source canalisée par les Romains a suffi pendant presque 2 000 ans à approvisionner les Vençois, autant pour la consommation que pour un usage ménager et même pour l'arrosage. »
Un réseau d'eau potable diversifié
Avec l'essor démographique à la fin du XIXe siècle, la source de la Foux, dont le débit est limité, n'a plus suffi à répondre aux besoins de la commune. Elle n'est donc plus la seule ressource alimentant le réseau d'eau potable. Aujourd'hui, l'eau distribuée à Vence provient notamment du canal de la Gravière, des sources du Riou et des Sourcets, ainsi que des sources et de la nappe du Loup.
La préservation de cette ressource est cruciale, et la municipalité appelle à la responsabilité de chacun pour économiser l'eau en cette période de crise.



