Feu vert pour une mégaferme à saumons en Gironde
Feu vert pour une mégaferme à saumons en Gironde

Le 4 août 2026, la préfecture de Gironde a donné son feu vert à l'installation d'une mégaferme à saumons par la société Pure Salmon sur la zone industrialo-portuaire de Bordeaux. Ce projet, très attendu et controversé, prévoit la production de 10 000 tonnes de saumons par an, soit environ 5 % de la consommation française. L'autorisation a été délivrée après plusieurs années d'études et de débats publics.

Un projet d'envergure pour l'aquaculture française

La ferme, qui sera construite sur un terrain de 10 hectares, utilisera la technologie du recyclage de l'eau en circuit fermé (RAS). Cette méthode permet d'élever des poissons dans des bassins intérieurs, en filtrant et en réutilisant l'eau, ce qui réduit considérablement l'impact environnemental par rapport aux fermes en pleine mer. Le site devrait employer 125 personnes à temps plein, dont des techniciens, des vétérinaires et des ingénieurs en aquaculture.

Selon la préfecture, l'autorisation a été délivrée sous réserve du respect de strictes conditions environnementales, notamment en matière de gestion des déchets et de consommation d'énergie. Le projet doit également contribuer à la réduction des importations de saumon, qui représentent actuellement plus de 90 % du marché français.

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Les réactions des opposants au projet

Les associations environnementales, comme France Nature Environnement et Les Amis de la Terre, ont immédiatement annoncé leur intention de déposer un recours devant le tribunal administratif. Elles dénoncent notamment les risques de pollution des eaux souterraines et l'utilisation massive d'énergie pour chauffer et filtrer l'eau. Dans un communiqué, Pure Salmon a défendu son projet en soulignant que la technologie RAS est « la solution d'avenir pour une aquaculture durable et locale ».

Le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic (Europe Écologie Les Verts), s'est dit « déçu » par cette décision, tout en rappelant que la municipalité n'avait pas de pouvoir direct sur ce type d'autorisation. Il a appelé à une « vigilance citoyenne » sur les impacts du projet.

Un impact économique attendu pour la région

Les élus locaux, notamment ceux de la région Nouvelle-Aquitaine, ont salué cette autorisation, y voyant une opportunité de créer des emplois et de développer une filière d'excellence. Le président de la région, Alain Rousset, a déclaré que ce projet « s'inscrit dans une stratégie de souveraineté alimentaire et de transition écologique ».

La construction du site devrait débuter en 2027, avec une mise en service prévue pour 2029. Le coût total de l'investissement est estimé à 250 millions d'euros, financé en partie par des fonds privés et des subventions publiques.

Un débat national sur l'aquaculture

Ce projet relance le débat sur le développement de l'aquaculture en France. Les partisans soulignent que l'élevage de saumons en circuit fermé permet de répondre à la demande croissante tout en limitant la pression sur les populations de poissons sauvages. Les opposants, eux, mettent en avant les risques sanitaires et environnementaux, ainsi que les questions de bien-être animal.

Pure Salmon, qui possède déjà des installations en Écosse et au Japon, espère que cette autorisation servira de modèle pour d'autres projets en Europe. L'entreprise prévoit de produire 260 000 tonnes de saumons par an d'ici 2030 à l'échelle mondiale.

Les conditions imposées par la préfecture

L'arrêté préfectoral impose notamment une limitation de la consommation d'eau à 500 000 m³ par an, un traitement des effluents pour éviter tout rejet polluant dans la Garonne, et la mise en place d'un comité de suivi avec des représentants des associations. En cas de non-respect, des sanctions financières pourront être appliquées, allant jusqu'à la suspension de l'activité.

La préfecture a également exigé que Pure Salmon réalise une étude d'impact supplémentaire sur la biodiversité locale, notamment sur les espèces protégées présentes dans la zone. L'entreprise devra publier un rapport annuel sur ses performances environnementales.

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Vers une bataille juridique ?

Les associations opposées au projet ont jusqu'à la fin du mois pour déposer leur recours. Me Laurent Bounaud, avocat spécialisé en droit de l'environnement, estime qu'« il y a des chances que le tribunal suspende le projet si des vices de procédure sont relevés ». De son côté, Pure Salmon se dit confiant et prêt à répondre à toutes les objections.

En attendant, la question de l'acceptabilité sociale de ces fermes de grande taille reste posée. Une enquête récente de l'Ifop montrait que 62 % des Français se disent favorables au développement de l'aquaculture en circuit fermé, mais seulement 38 % acceptent qu'une telle installation soit construite à proximité de leur domicile.