Alors que les incendies ont déjà parcouru plus de 116 000 hectares en France cette année, dont une part importante par le « mégafeu » qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde, le groupe énergétique français Engie a annoncé ce mardi qu'il va verser 25 millions d'euros pour participer à « la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites ».
Un engagement motivé par le choc humain et environnemental
Les raisons avancées par Engie sont le « choc humain, environnemental et économique » des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau. « Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique », a écrit le groupe dans un communiqué. « Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage », ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint « une part du patrimoine naturel français ».
Un coût élevé pour le reboisement
Les efforts de reboisement s'annoncent en effet très coûteux : chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5 000 et 10 000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l'État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026. Le groupe énergétique affirme qu'il va « se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien » et qu'il s'inscrit « dans le cadre du plan "France Forêt 2100" ».
Des soutiens multiples du secteur privé
Les initiatives d'entreprises se multiplient depuis le début de la saison des incendies. Carrefour a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène. Lidl a indiqué en livrer 3 tonnes. La Macif a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité. Le Crédit agricole a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS). Ces contributions s'ajoutent aux efforts de l'État et des collectivités pour faire face à une saison particulièrement dévastatrice.
Un appel à une gestion durable des forêts
Engie insiste sur la nécessité de repenser la gestion forestière face au changement climatique. Le plan « France Forêt 2100 » prévoit une révision des essences plantées, une meilleure prise en compte de la biodiversité et une adaptation des infrastructures de prévention des incendies. La contribution d'Engie, bien que conséquente, ne couvrira qu'une partie des besoins : avec 25 millions d'euros, on peut restaurer entre 2 500 et 5 000 hectares, loin des 116 000 hectares brûlés. Néanmoins, ce geste pourrait encourager d'autres grandes entreprises à s'engager dans la reconstruction du patrimoine naturel français.



