Monique Barbut, ancienne ministre de l'Écologie et figure reconnue des négociations climatiques internationales, a déclaré dimanche 17 août que Jean-Luc Mélenchon est « le candidat qui intègre le plus la question du climat dans ses propositions ». Cette prise de position, rapportée par Le Monde, intervient alors que la campagne présidentielle bat son plein et que les enjeux environnementaux s'imposent comme une priorité pour une partie de l'électorat.
Une déclaration qui pèse dans le débat
Dans un entretien accordé au journal, Monique Barbut, qui a dirigé le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et participé à l'accord de Paris, a salué la cohérence du programme du candidat de La France insoumise. « Il ne se contente pas de déclarations d'intention, il propose des mesures concrètes et chiffrées », a-t-elle souligné. Selon elle, cette intégration du climat dans l'ensemble des politiques publiques est « essentielle » pour répondre à l'urgence écologique.
Cette déclaration a rapidement été relayée sur les réseaux sociaux, suscitant des réactions contrastées. Les partisans de Jean-Luc Mélenchon y voient une validation de leur candidat, tandis que ses adversaires rappellent son bilan et ses positions parfois controversées. Pour Monique Barbut, l'enjeu est ailleurs : « La question n'est pas de savoir qui est le plus vert, mais qui est capable de transformer le système pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 55 % d'ici 2030, comme l'exige l'Union européenne. »
Un parcours au service du climat
Monique Barbut, 71 ans, a été ministre de l'Écologie et du Développement durable en 2007, puis présidente du Fonds pour l'environnement mondial de 2012 à 2020. Elle est aujourd'hui une voix respectée dans les négociations internationales, où elle a défendu la cause des pays du Sud. Son soutien à Jean-Luc Mélenchon pourrait influencer les électeurs sensibles à la cause environnementale, mais aussi les ONG et les scientifiques qui suivent ses recommandations.
Dans son programme, Jean-Luc Mélenchon propose notamment la création d'un « planificateur écologique » chargé de coordonner les actions, la sortie du nucléaire d'ici 2050, et une taxe sur les transactions financières pour financer la transition. Des mesures que Monique Barbut juge « ambitieuses et réalistes », même si elle reconnaît que leur mise en œuvre dépendra des rapports de force politiques.
Une prise de position qui relance le débat
Cette déclaration intervient alors que plusieurs candidats tentent de capter l'électorat écologiste, à l'image de Yannick Jadot, qui a fait du climat son cheval de bataille, ou de Marine Le Pen, qui met en avant la défense des territoires. Pour Monique Barbut, la différence tient à la radicalité de la rupture proposée par Jean-Luc Mélenchon : « Il ne s'agit pas d'ajuster à la marge, mais de changer de modèle de développement. »
Les prochaines semaines seront décisives pour la campagne, avec notamment les débats télévisés et la publication des programmes complets. Monique Barbut, qui n'a pas appelé explicitement à voter pour Jean-Luc Mélenchon, a toutefois précisé qu'elle « soutient sa démarche » et qu'elle espère que les autres candidats s'inspireront de ses propositions. « C'est une question de survie collective », a-t-elle conclu.



