Le renseignement militaire ukrainien (GUR) a officiellement rejeté, le 17 août 2026, toute implication dans la tentative d'assassinat visant l'homme d'affaires Vadim Ermolaev à Monaco le 29 juin dernier. Dans une déclaration rapportée par Monaco-Matin, le représentant du GUR, Andriy Yusov, a dénoncé des « manipulations » et lancé un appel à témoins, tout en réaffirmant la collaboration de son service avec les enquêteurs.
Une réaction officielle après des accusations directes
Jusqu'ici très discret sur l'affaire, le GUR a rompu le silence face aux accusations portées par Vadim Ermolaev. Le milliardaire, originaire d'Ukraine, avait directement mis en cause la Direction générale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense dans l'attaque à l'engin explosif survenue devant son domicile monégasque. Dans une lettre publiée par Monaco-Matin, il affirmait : « D'après les informations dont nous disposons, plusieurs personnes, y compris des individus placés en garde à vue, ont des liens directs avec la Direction générale du renseignement du ministère de la Défense ukrainien. »
Andriy Yusov a répondu en ces termes : « Ces accusations ne sont absolument pas constructives. Elles ne font que nuire et exercer une pression supplémentaire sur l'enquête. Dans ce contexte, je tiens simplement à rappeler que le Bureau d'enquête du ministère de la Défense apporte son entière collaboration et travaille de concert avec les forces de l'ordre, car il a à cœur d'établir la vérité. » Il a également insisté sur le fait que le GUR « agit exclusivement dans le cadre des pouvoirs qui lui sont conférés par la loi ».
Un appel à témoins et des craintes d'étouffement
Dans sa déclaration, Andriy Yusov a qualifié la tentative d'assassinat de Vadim Ermolaev et de sa famille de sujet de « théories du complot nuisant à l'enquête et aux intérêts nationaux ukrainiens ». Il a lancé un appel : « Tous les Ukrainiens disposant d'informations [sont invités] à les communiquer rapidement au GUR. »
De son côté, Vadim Ermolaev avait exprimé des craintes quant à une possible obstruction : « Compte tenu du fait que le GUR est un service extrêmement influent et doté de ressources importantes, l'absence de réaction transparente suscite des craintes fondées que l'on tente d'étouffer l'affaire ou de la régler en coulisses. » Ces propos figuraient dans sa lettre publiée par Monaco-Matin.
Une enquête toujours en cours à Monaco et en Ukraine
L'enquête se poursuit des deux côtés. Anastasiia Berezovska, une Ukrainienne de 39 ans identifiée comme « la poseuse de l'engin explosif », a été retrouvée tuée par balle en Ukraine après l'attaque. Deux suspects ont été placés en détention provisoire pour son meurtre : Vladyslav Reut, un agent du GUR, et Vitaly Zhykovych, un ancien membre des services de sécurité ukrainiens (SBU). Ce dernier a été mis en examen et placé en détention provisoire le 10 juillet à Kiev.
Les autorités monégasques et ukrainiennes continuent de chercher le commanditaire de l'attaque et d'identifier d'éventuels complices. La déclaration du GUR intervient alors que l'affaire suscite des tensions entre Kiev et Monaco, le parquet général de Monaco ayant répondu avec tact à ses homologues ukrainiens sur un prétendu manque de réactivité.



