Le ministre de la Transition écologique, Sébastien Lecornu, a vivement réagi ce mardi 30 juin 2026 aux accusations des écologistes concernant le bilan humain de la canicule qui frappe la France depuis plusieurs jours. Interrogé sur le chiffre de 10 000 morts avancé par des élus écologistes, il a qualifié cette estimation de « scandaleuse » et a défendu l'action du gouvernement face à la crise climatique.
Un chiffre jugé infondé
« Ce chiffre de 10 000 morts est scandaleux. Il est infondé et ne repose sur aucune donnée scientifique sérieuse », a déclaré Lecornu lors d'une conférence de presse. Selon lui, les écologistes instrumentalisent la canicule à des fins politiques. Le ministre a rappelé que le gouvernement a mis en place un plan canicule dès le début de l'été, incluant l'ouverture de salles climatisées, des maraudes pour les sans-abri et un suivi renforcé des personnes âgées.
Selon les données officielles de Santé publique France, le nombre de décès attribuables à la canicule depuis le début de l'épisode de chaleur extrême s'élève à 1 450, un chiffre bien en deçà des 10 000 avancés par les écologistes. « Nous ne nions pas la gravité de la situation, mais nous devons éviter la panique et la désinformation », a ajouté Lecornu.
Les écologistes maintiennent leurs accusations
De leur côté, les écologistes, par la voix de la députée Sandrine Rousseau, ont maintenu leurs chiffres, affirmant que le gouvernement minimise l'ampleur de la catastrophe. « Le gouvernement a une responsabilité dans cette hécatombe. Les 10 000 morts sont une estimation basée sur les modèles de l'Institut de veille sanitaire », a-t-elle déclaré. Rousseau a également dénoncé le manque de préparation et d'investissement dans la prévention des risques climatiques.
Le débat intervient alors que la France connaît sa troisième canicule en deux mois, avec des températures dépassant les 42 °C dans certaines régions. Les hôpitaux sont saturés et les services d'urgence sont en alerte rouge. Le gouvernement a activé le niveau 4 du plan canicule, le plus élevé, dans 45 départements.
Lecornu défend le bilan du gouvernement
Lecornu a également défendu le bilan du gouvernement en matière de lutte contre le réchauffement climatique. « Depuis 2017, nous avons investi 20 milliards d'euros dans la transition écologique. Nous avons réduit nos émissions de gaz à effet de serre de 15 % », a-t-il affirmé. Il a appelé à l'unité nationale face à la crise, rejetant les « polémiques stériles ».
Le ministre a annoncé de nouvelles mesures, dont le déblocage de 500 millions d'euros pour la rénovation thermique des bâtiments publics et le renforcement des effectifs de la Sécurité civile. « Nous ne laissons personne de côté », a-t-il assuré.
Une polémique qui divise
La polémique sur le nombre de morts a relancé le débat sur la gestion des canicules en France. Des associations de défense de l'environnement, comme Greenpeace, ont critiqué le gouvernement pour son « inaction climatique ». « Les 10 000 morts sont le résultat de décennies de négligence », a déclaré un porte-parole de l'ONG.
De son côté, le Premier ministre a convoqué une réunion de crise pour jeudi, avec les préfets des régions les plus touchées. L'opposition réclame la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la gestion des canicules.
En attendant, la canicule continue de faire des victimes. Selon les derniers bilans, 12 personnes sont mortes noyées en tentant de se rafraîchir dans des points d'eau non surveillés, et plusieurs incendies ont détruit des milliers d'hectares de forêt dans le sud du pays.



