Dans les couloirs du collège Niki-de-Saint-Phalle de Villenave-d’Ornon, une commune du sud de la métropole de Bordeaux, l’activité est frénétique. Depuis le 22 juillet, un incendie géant parti de Saumos ravage le département, détruisant plus de 42 000 hectares. Pour soutenir les pompiers sur le front, un collectif interassociatif de près de 300 secouristes bénévoles a installé sa base arrière dans l’établissement scolaire.
Un QG improvisé au CDI du collège
Le poste de commandement des opérations a été établi au centre de documentation et d’information (CDI). Les étagères de livres ont été repoussées pour faire place à une grande table où une dizaine de responsables coordonnent les actions. Un écran géant diffuse en continu les informations de BFMTV, tandis que les téléphones et les radios ne cessent de sonner. Chaque bénévole, reconnaissable à son gilet orange, s’affaire à une tâche précise.
Rémy Becuwe, le directeur des opérations
Au milieu de cette agitation, Rémy Becuwe, bénévole à la Croix-Rouge et directeur des opérations de secours en Gironde, slalome entre les équipes. Son regard ne quitte sa montre connectée, qui s’allume sans cesse. Ce lundi 27 juillet, il est particulièrement difficile à trouver. Interrogé, un collègue lance : « Il est où Rémy ? » La raison de son absence devient vite évidente : il participe à la visite du président de la République, Emmanuel Macron, venu rencontrer les forces mobilisées contre l’incendie.
Des évacuations et un soutien logistique
Si les flammes sont laissées aux pompiers, les bénévoles du collectif – composé de la Croix-Rouge, de l’Association nationale des Premiers Secours (ANPS), de l’Union nationale des Associations de Secouristes et Sauveteurs (UNASS), de l’Ordre de Malte, de la Croix-Blanche et de l’Association Formation Sauvetage et Secourisme (AFSS) – enchaînent les évacuations de populations menacées et apportent un soutien logistique aux soldats du feu. « Le plus difficile, c’est de réussir à rassurer les gens évacués », confie un bénévole de la Croix-Rouge sous couvert d’anonymat.
Une mobilisation venue de toute la France
Ces secouristes ne sont pas uniquement locaux. Beaucoup ont parcouru des centaines de kilomètres pour prêter main-forte. Arrivés par vagues successives, ils sont hébergés dans le collège, transformé en dortoir de fortune. Les repas sont pris en rotation, dans une salle de classe aménagée en cantine. Malgré la fatigue, l’ambiance reste solidaire et déterminée.
Un feu hors norme
L’incendie de Saumos, qui a démarré le 22 juillet, est qualifié de « hors norme » par les autorités. En une semaine, il a déjà parcouru 42 000 hectares, forçant l’évacuation de plusieurs communes et mobilisant des moyens aériens considérables. Les bénévoles jouent un rôle clé dans la gestion des centres d’hébergement d’urgence et dans l’acheminement de matériel.
Alors que la lutte se poursuit, le collège Niki-de-Saint-Phalle reste le cœur névralgique de cette réponse citoyenne. Les secouristes bénévoles, épaulés par des agents municipaux et des services de l’État, tiennent bon, conscients que leur travail est essentiel pour limiter l’impact humain de cette catastrophe.



