La fermeture temporaire d'une partie des bornes de collecte de vêtements dans l'est des Alpes-Maritimes laisse de nombreux habitants sans solution. Alors que les associations alertent déjà sur un risque de saturation, plusieurs alternatives existent pour prolonger la vie des textiles ou leur offrir une seconde utilisation. Encore faut-il choisir la bonne filière en fonction de l'état des vêtements.
Les boutiques solidaires restent une solution
Premier réflexe : faire le tri. Un vêtement propre, en bon état et encore portable pourra être revendu ou donné à une association. À l'inverse, un textile déchiré, taché ou très usé aura peu de chances d'être réutilisé. Même si elles sont confrontées à des difficultés de stockage, plusieurs structures des Alpes-Maritimes continuent d'accepter les vêtements en bon état.
À Menton, la Croix-Rouge, le Secours Catholique ou encore l'Association humanitaire des Sapeurs-pompiers 06 poursuivent leurs collectes dans la limite de leurs capacités. À Nice et dans le reste du département, les boutiques solidaires d'Emmaüs ou d'autres associations reçoivent également des dons, sous réserve qu'ils soient propres et réutilisables. Dans les Alpes-Maritimes, ABI 06, association créée en 1994 à l'initiative du Secours Catholique, est également très présente dans le réemploi textile. Avant de se déplacer, mieux vaut toutefois vérifier les conditions d'accueil ou contacter la structure concernée, certaines pouvant suspendre ponctuellement les dépôts en cas de saturation.
Revendre plutôt que jeter
Lorsqu'ils sont encore en très bon état, les vêtements peuvent aussi être revendus. Les plateformes de seconde main connaissent un succès croissant. Tout le monde connaît Leboncoin et le leader incontesté Vinted. Mais d'autres friperies en ligne existent (Jaiio, Modz, Prêt à changer…) dont Paradigme, une friperie en ligne française spécialisée dans les habits de marque.
Pour ceux qui préfèrent le contact direct et humain, les marchés aux puces ou vide-dressing sont organisés partout dans le département. C'est le cas à Nice (rue Robilant), à Antibes (place Nationale), à Menton (promenade du Soleil)… Cette solution permet d'allonger la durée de vie des textiles tout en évitant qu'ils ne rejoignent une filière de recyclage déjà sous tension.
Réparer avant de remplacer
Une fermeture éclair cassée, un bouton manquant ou une couture décousue ne condamnent pas forcément un vêtement. Des Repair Cafés s'organisent dans plusieurs communes des Alpes-Maritimes. Ils proposent des réparations qui permettent souvent de prolonger de plusieurs années la durée de vie d'un vêtement. C'est le cas à Menton, avec un prochain rendez-vous le 19 septembre prochain.
De nombreux ateliers de retouches sont également présents dans de nombreuses communes des Alpes-Maritimes. Une démarche qui s'inscrit dans la volonté de réduire les déchets textiles, alors que la fabrication d'un vêtement neuf reste particulièrement gourmande en eau (jusqu'à 10 000 litres pour un simple jean).
Transformer les textiles avec l'upcycling
Si les vêtements sont vraiment trop usés pour être portés, ils peuvent parfois connaître une seconde vie. L'upcycling consiste à transformer un ancien textile en un nouvel objet : sac en tissu, housse de coussin, chiffon, trousse ou encore accessoires. Plusieurs ateliers créatifs et associations du département proposent ponctuellement des initiations à cette pratique, qui permet de limiter les déchets tout en valorisant des textiles qui auraient fini à la benne.
Dans les Alpes-Maritimes, le repère du Zèbre à Valbonne propose des produits upcyclés. Sur Nice, la Recyclerie de l'Ariane récupère également les objets recyclables et se charge de leur réemploi.
Que faire des vêtements vraiment inutilisables ?
C'est aujourd'hui la principale difficulté. En raison des tensions que connaît la filière, les possibilités de recyclage sont limitées et certaines bornes de collecte restent fermées, notamment dans l'arrière-pays de la Riviera française. Les collectivités invitent donc les habitants à ne surtout pas déposer de sacs au pied des conteneurs fermés, afin d'éviter les dépôts sauvages. Les textiles encore recyclables devront être déposés dans les bornes toujours en service ou conservés temporairement jusqu'au rétablissement de la collecte.
En attendant, le meilleur déchet reste celui que l'on ne produit pas : acheter des vêtements plus durables, les entretenir, les réparer et les porter plus longtemps apparaît comme la solution la plus efficace pour soulager une filière aujourd'hui proche de la saturation.



