Chaque été, des millions d'automobilistes empruntent l'autoroute A9 pour leurs vacances ou leurs trajets quotidiens. Mais que savent-ils vraiment de cet axe routier majeur ? Midi Libre consacre une série à ses coulisses, et cet épisode révèle des faits marquants : excès de vitesse, carambolages, autoroute coupée, et même un trafic de drogue d'envergure.
Des bouchons records sur l'A9
Le samedi 1er août 2009, lors du grand chassé-croisé estival, l'A9 a connu jusqu'à 93 kilomètres de bouchons cumulés, principalement à la jonction avec l'A61 près de Narbonne. Ce jour-là, le réseau routier français enregistrait un record de 866 kilomètres de bouchons cumulés. Le 10 août 2013, classé noir par Bison futé pour les départs sur le littoral, l'A9 affichait 50 km de bouchons : 26 km à Montpellier, dix à Narbonne et cinq à Perpignan. Le 8 mai 2024, même punition : 50 kilomètres, alors que la France battait son record historique de congestion avec plus de 2 000 kilomètres de bouchons cumulés. En période de pic estival, les bouchons d'un seul tenant s'étirent sur 30 kilomètres.
Jusqu'à 120 000 véhicules par jour en été
Selon Vinci-Autoroutes du Sud de la France (ASF), 92 000 véhicules empruntent en moyenne chaque jour l'autoroute entre Nîmes et Montpellier hors été. En période estivale, la fréquentation grimpe à 120 000 véhicules, soit environ 5 000 à l'heure. Depuis 2017, une partie du trafic a été déroutée : le flux vers Montpellier utilise une ancienne portion de l'A9 devenue rocade urbaine, et une seconde autoroute a été construite pour désengorger. Avant 2017, la fréquentation estivale pouvait atteindre 170 000 véhicules par jour.
Flashé à 248 km/h
En septembre 2007, les gendarmes du peloton autoroutier de Narbonne ont eu la surprise de flasher un automobiliste à bord d'une BMW M5 à 248 km/h. L'homme, un Narbonnais, a simplement expliqué qu'il voulait « essayer sa voiture », même s'il ne lui restait que six points sur son permis. Il a été appréhendé à hauteur de Sigean, stoppé par la Subaru d'interception des gendarmes, qui n'a pas eu à rivaliser en vitesse : un panneau et des gyrophares ont suffi.
Un mort dans un accident à contresens
Dans la nuit du 17 au 18 juillet 2026, près de Pollestres, dans les Pyrénées-Orientales, un automobiliste roulant à contresens sur l'A9 a percuté plusieurs véhicules, dont deux tractant des caravanes. L'autoroute a été coupée dans les deux sens pendant plusieurs heures. Un quadragénaire espagnol a été tué sur le coup, et six victimes, dont un Allemand en urgence absolue, ont été évacuées vers l'hôpital de Perpignan.
Un cadavre découvert à bord d'un véhicule à contresens
En 2021, un conducteur suisse de 66 ans roulait vers la France. À hauteur du péage du Boulou, à la frontière franco-espagnole, il panique en voyant un contrôle de police, fait demi-tour sur l'A9 et repart vers l'Espagne, à contresens sur trente kilomètres, avant de quitter l'autoroute et d'avoir un accident. Les policiers espagnols qui l'arrêtent découvrent sur le siège passager le cadavre d'un homme de 88 ans, attaché par sa ceinture et enveloppé dans une couverture. Les premières constatations ne révèlent aucune trace de violence. L'homme, souffrant d'une maladie incurable, était mort depuis une quinzaine de jours. Il s'agissait du compagnon du conducteur, qui cherchait à le ramener en Suisse. Le conducteur n'a pas été poursuivi pour homicide, mais seulement pour délit de sécurité routière.
Près de trois tonnes de cannabis saisies
Le 13 avril 2018, les douaniers de Narbonne contrôlent un poids lourd espagnol sur l'A9. Sous deux cartons de salades et des caisses vides – alors que la remorque frigorifique était supposée contenir 15 tonnes de laitues et d'oranges –, ils découvrent des valises marocaines renfermant 2 895 kg de cannabis. La valeur estimée à la revente : 23 millions d'euros.
Des milliers d'automobilistes bloqués par la neige
Début mars 2018, plusieurs milliers de naufragés de la route ont dû patienter parfois deux jours, bloqués sur l'aire de repos de Fabrègues, à l'entrée ouest de Montpellier, ou sur l'autoroute elle-même, après de fortes chutes de neige. Certains étaient sortis de l'A9 mais se retrouvaient bloqués plus loin, le réseau routier étant impraticable. On a parlé à l'époque de 2 000 personnes prises en charge, mais beaucoup d'autres ont dû se débrouiller par leurs propres moyens. Marion, 38 ans, témoignait dans Midi Libre : « On n'a vu personne de la nuit. Pas de pompier, pas d'employé de Vinci. On a fait preuve de beaucoup de patience, mais les enfants ont du mal à accepter la situation. La nuit, le froid arrive rapidement, parce que si on fait tourner le moteur, au bout d'un moment, on sent les gaz d'échappement. » L'espoir est arrivé vers 6 h avec un chasse-neige, mais il s'est arrêté à 25 mètres d'eux. « Mon ami a essayé de déneiger avec le dos du siège auto de ma fille, mais impossible d'avancer : il y a 25 cm de neige, et on est entourés de camions, de camping-cars en travers. » Vinci, concessionnaire de l'A9, a regretté « le non-respect par de nombreux poids lourds de mesures d'interdiction de circulation », mais longtemps, il n'y a pas eu d'interdiction. Le blocage a commencé avec un accident entre Poussan et Gigean : un poids lourd se couche sur deux voies, puis un second se met en portefeuille, bloquant les trois voies vers l'Espagne.
Un bus se renverse : 23 morts
Dans la nuit du 10 juillet 1995, à hauteur de Roquemaure (Gard), 23 personnes meurent dans l'accident d'un bus qui assurait la liaison entre les Pays-Bas et l'Espagne. 32 personnes sont blessées. À son bord, 57 passagers de nationalités espagnole, française, belge et néerlandaise. Le car à étage heurte avec son rétroviseur l'arrière d'une semi-remorque qui venait de quitter l'aire de repos. Le bus se couche sur le flanc gauche et glisse sur une centaine de mètres, pulvérisant les glissières de sécurité.
Sept morts à hauteur de Gigean
Le 24 mars 2008, sept personnes sont tuées et quatre grièvement blessées dans un accident près de Montpellier, à hauteur de Gigean, lors d'une journée classée rouge pour les retours du week-end de Pâques. Un minibus de la communauté Emmaüs de Muret, qui circulait dans le sens Montpellier-Narbonne, a traversé le rail de sécurité central pour une raison inconnue, puis les trois voies opposées, heurtant deux voitures immatriculées dans le Lot et les Bouches-du-Rhône. Parmi les six occupants du minibus, cinq sont morts ; parmi les quatre jeunes gens de la voiture du Lot, deux sont morts et deux grièvement blessés.
53 blessés dans l'Hérault
Le 6 août 1994, une collision spectaculaire a eu lieu sur l'A9 entre Béziers et Sète. Deux autobus, tchèque et allemand, percutent l'un après l'autre deux voitures qui avaient freiné brutalement. 53 personnes sont blessées, dont six grièvement.



