Un budget de 51 millions d'euros, une taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) maintenue à 8,55 % – « la plus basse parmi les intercommunalités voisines » – et des volumes globaux orientés à la baisse. En séance de la communauté d'agglomération Sophia Antipolis (Casa), Ewan Corinaldesi a présenté le rapport annuel 2025 sur le service des déchets. « Bien que la TEOM soit en baisse, le volume de déchets recule également, souligne le vice-président de la Casa. C'est la preuve qu'il n'y a pas besoin d'assommer fiscalement les usagers pour avoir un service public qui fonctionne. »
Baisse du taux de refus au tri
Pour le maire de Roquefort-les-Pins, la baisse du taux de refus au tri (passé de 27,8 % à 24,5 % en un an) valide la politique de sensibilisation menée sur le terrain. « Les efforts pour imposer le tri sélectif portent leurs premiers fruits. La population emboîte le pas à la Casa et cela donne de solides perspectives pour atteindre les objectifs de la loi Agec. » L'objectif pour 2030 : ramener la production à 805 kg par habitant, contre 847 kg aujourd'hui.
Mesures concrètes réclamées par l'opposition
Une présentation qui a fait réagir Michèle Muratore. L'élue d'opposition du groupe de la Gauche solidaire, écologique et démocratique a pointé les failles méthodologiques d'un rapport aux « bases de comparaison changeantes » (2010, 2018) masquant, selon elle, le retard pris sur les objectifs 2030. « Le tri est amélioré mais on trouve encore 30 kg de verre, 129 kg de déchets compostables et 12 kg qui devraient aller en déchetterie dans la poubelle d'ordures ménagères », explique-t-elle, demandant des mesures concrètes : l'application stricte de la loi sur la distance des points d'apport volontaire pour les biodéchets, l'utilisation des fonds de la loi Agec pour créer des ressourceries portées par l'économie sociale et solidaire (ESS), ainsi que le déploiement de déchetteries mobiles. Inquiète de « l'opacité » entourant l'étude sur la redevance spéciale et la modernisation de l'Unité de Valorisation Énergétique face aux normes européennes, Michèle Muratore a également sommé la collectivité de prendre en compte les risques sanitaires encourus par les agents de collecte, conformément aux alertes de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES).
Réponse de la majorité
Face à ces critiques, Ewan Corinaldesi a défendu la cohérence des chiffres, rappelant que « quelle que soit l'année de référence choisie, la trajectoire globale de la Casa reste bonne ». Tout en concédant la présence persistante de recyclables dans la poubelle noire, le vice-président a plaidé pour la patience pédagogique, mettant en avant l'augmentation, dès cette année, des points d'apport volontaire pour le verre. L'élu a également rectifié le tir sur le réemploi en rappelant le succès des filières de l'ESS, notamment pour le recyclage du matériel sportif, avant de réaffirmer son engagement « constant » pour la santé et le bien-être au travail des agents de collecte.
Jean Leonetti : « Laisser les maires libres »
Jean Leonetti a clos le débat de manière incisive, fustigeant la philosophie de l'opposition résumée selon lui à un « toujours plus cher, toujours plus contraignant ». Balayant la rigidité des normes de distance pour les points de collecte, le président de la Casa a appelé à « laisser les maires libres » sur leur terrain. Quant à l'idée d'une consigne payante sur les cartouches de protoxyde d'azote pour éviter leur rejet dans les poubelles, Jean Leonetti a usé d'une comparaison choc : « C'est comme si on demandait aux héroïnomanes de rapporter leurs seringues pour ne plus développer la drogue ! Ce qu'il faut, c'est l'interdire. Les dégâts majeurs du gaz se font sur le plan cérébral, bien avant de perturber les usines d'incinération. »
Les chiffres clés de 2025
- 155 845 tonnes de déchets collectés en 2025, soit 847 kg par habitant (contre 894 kg en 2024). Les ordures ménagères résiduelles représentent 76 385 tonnes. Le reste se répartit entre 62 543 tonnes en déchetteries, 22 877 tonnes de déchets verts, 10 051 tonnes d'emballages et papiers, 9 588 tonnes d'encombrants, 6 160 tonnes de verre, 1 911 tonnes de cartons et 706 tonnes de textiles.
- 44 % du coût d'élimination est consacré aux ordures ménagères résiduelles. Pourtant, 76 % du contenu de cette poubelle noire est encore constitué de déchets recyclables ou compostables.
- 6 383 composteurs en activité, dont 870 distribués en 2025. 145 sites de compostage collectif sont opérationnels.
- 91 tonnes d'électroménager collectées, dont 15 % (1 911 appareils) réparés et réintroduits dans le circuit de seconde main. 5 800 sapins de Noël ont été broyés pour produire 29 tonnes de broyat.
- 100 % de biocarburant : la flotte de camions Veolia a été convertie au B100, complétée par des mini-bennes électriques à Villeneuve-Loubet et Saint-Paul-de-Vence.



