Vague de chaleur : incendies, sécheresse, hôpitaux en alerte
Vague de chaleur : incendies, sécheresse, hôpitaux en alerte

La France s'apprête à subir à partir de ce mardi 28 juillet une nouvelle vague de chaleur, la quatrième de l'été, avec un pic d'intensité prévu mercredi 29 juillet. Selon Météo-France, les températures atteindront 38°C à Paris et Tours, 36°C à Lyon et Grenoble, et des pointes à 40°C sur le Sud-Ouest, une région déjà durement touchée par les incendies en Gironde et dans les Landes. Ce nouvel épisode caniculaire suscite de vives inquiétudes quant à la lutte contre les feux de forêt, l'aggravation de la sécheresse et la pression sur le système de santé.

Retour des fortes chaleurs

Dans un point d'information, Météo-France a annoncé que « les fortes chaleurs s’installent sur une grande partie du pays mardi 28 juillet, avec un pic d’intensité mercredi 29 juillet ». Le prévisionniste Thibault Corouge a indiqué dimanche à l'AFP que le vent sera « moins fort pour les prochains jours », mais que « l’air sera un peu plus sec », ce qui pourrait compliquer la situation des incendies. Pour les jours suivants, l'organisme anticipe un décalage des fortes températures vers l'Est jeudi, mais les températures devraient rester élevées tout au long de la semaine. La durée exacte de l'épisode reste à préciser. Il s'agit de la 54e vague de chaleur au niveau national depuis 1947.

Incendies : une situation précaire

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a déclaré lundi 27 juillet que l'incendie en Gironde, qui a ravagé quelque 42 000 hectares depuis mercredi, était « stabilisé » mais « pas fixé ». Il a appelé à « vraiment rester très prudent » en raison du retour des chaleurs intenses. Après une nuit pluvieuse et une accalmie météorologique, les pompiers font face depuis lundi à une remontée des températures qui entraîne des reprises de feu, notamment dans le nord de la presqu'île du Cap-Ferret. Le commandant Matthieu Jomain, du Service départemental d'incendie et de secours de la Gironde (Sdis 33), a précisé à l'AFP : « Le feu a repris en début d'après-midi au milieu de la forêt à Claouey ». Des moyens aériens importants ont été déployés, dont deux hélicoptères Blackhawks tchécoslovaques, trois hélicoptères bombardiers d'eau et un Air Tractor. Un avion A400M a effectué plusieurs largages de produit retardant sur le secteur. « La situation est plus stable mais reste précaire malgré tout. On ne baisse pas notre niveau de vigilance… Il faudra des semaines, voire des mois, avant d'éteindre le brasier », a ajouté le commandant.

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Sécheresse historique

Ce nouvel épisode de chaleur « va encore accentuer » une « sécheresse déjà historique », a déploré la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, lors d'une réunion du Comité d'anticipation et de suivi hydrologique. « Aujourd'hui, plusieurs indicateurs montrent des niveaux comparables à ceux de la sécheresse historique de 1976 ou à celle de 2022 », a-t-elle déclaré. La France compte actuellement 99 départements concernés par une mise sous surveillance pouvant faire l'objet de restrictions à l'usage de l'eau, dont 62 considérés comme en « crise ». Selon la ministre, les chiffres du coût de la sécheresse « seront supérieurs » cette année aux 5,6 milliards d'euros de 2022. Elle a insisté : « Respecter les mesures de restriction n’est pas un choix, c’est un devoir. Si j’ai conscience des difficultés auxquelles les agriculteurs font face, il n’est pas acceptable que les règles soient enfreintes. »

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Système de santé sous pression

Les inquiétudes concernent également le système de santé. Arnaud Robinet, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), a déclaré sur TF1 lundi matin : « Les hôpitaux vont encore souffrir, forcément, ils vont encore une fois s’adapter, que ce soit à Bordeaux ou partout sur le territoire ». Il a ajouté : « Il est clair que nos établissements ne sont pas adaptés au réchauffement climatique », rappelant avoir « tiré la sonnette d’alarme il y a plusieurs années en demandant un fonds vert pour les hôpitaux, à l’image de ce qui s’est fait pour les communes ». Si certaines salles d'opération et maternités sont climatisées, adapter l'ensemble des établissements « représente à peu près deux milliards d’euros par an » d'investissements, a précisé le président de la FHF. Cette nouvelle vague de chaleur intervient après un été déjà marqué par plusieurs épisodes caniculaires, et les autorités appellent à la plus grande vigilance.