Un puissant séisme de magnitude 7 a frappé jeudi 22 octobre une région montagneuse du Tibet, faisant au moins 16 morts et 65 blessés, selon les médias d’État chinois. Plus de 300 habitations se sont effondrées. Les secours poursuivent leurs recherches dans des conditions difficiles, entre froid, neige et risque de répliques.
Le président Xi Jinping appelle à un effort de secours maximal
Le président chinois Xi Jinping a appelé vendredi à déployer tous les efforts possibles pour mener à bien les opérations de secours après le séisme, ont rapporté les médias d’État. Selon l’agence d’État Chine nouvelle, il a fait état d’un « nombre important de victimes » sans plus de précisions. Il a également souligné la nécessité de « faire le maximum pour soigner les blessés afin de réduire les pertes humaines ».
Le président a invoqué l’altitude élevée et le froid, et a insisté sur la nécessité de surveiller de près les conditions météorologiques, mais aussi le risque de réplique pour « prévenir les catastrophes secondaires ». CCTV a rapporté des températures maximales de 5°C dans la journée et minimales de – 6°C la nuit, ainsi que des chutes de neige localisées.
Des témoignages de secousses violentes et de peur
« Nous venions tout juste de nous coucher quand la maison s’est mise à trembler d’un seul coup et que les objets ont commencé à tomber de tous les côtés », a raconté une habitante dans une vidéo postée par le site d’information Sina News. « Nous nous sommes précipités dehors sans prendre le temps de nous habiller. Mes jambes tremblaient et, quand je suis arrivée en bas, j’étais tellement terrifiée que j’ai fondu en larmes », a-t-elle ajouté. Beaucoup de gens dans le voisinage « ont monté des tentes au bord de la route ou ont passé la nuit dans leur voiture », de peur de dormir chez eux, a-t-elle relaté.
Un autre habitant, identifié comme M. Li, a été surpris dans son sommeil. « La maison bougeait dans tous les sens. Tout le monde a couru dehors et a trop peur de rentrer chez soi », dit-il dans une vidéo publiée sur le site Beijing News et filmée peu après les secousses, alors qu’il monte dans sa voiture pour aller dormir en zone sûre.
Mobilisation des secours et dégâts matériels
Des centaines de pompiers, de secouristes et de policiers sont arrivés ou sont acheminés dans les secteurs touchés, avec des chiens et du matériel de détection, de secours et de désincarcération, a indiqué CCTV. L’armée a aussi été mobilisée, avec plus de 300 soldats dépêchés sur zone. Elle a engagé des moyens aériens, dont un drone, pour des opérations de reconnaissance, toujours selon CCTV.
Des images de télésurveillance diffusées par CCTV montrent des clients et des employés s’enfuyant de restaurants et des objets tombant de rayons de supermarchés au moment où survient le séisme. Sur d’autres images, des secouristes recherchent de nuit des signes de vie à la lampe torche dans les décombres, puis s’affairent autour de ce qui semble être un blessé.
Au moins 11 blessés se trouvent dans un état grave, d’après la télévision d’État CCTV. Les services d’électricité et de télécommunications et certaines routes ont été endommagés, selon les médias d’État.
Contexte sismique et précédents
L’épicentre du séisme se situe dans une région montagneuse à quelque 190 kilomètres de Nagchu et à 390 kilomètres au nord-est de la capitale régionale Lhassa, a décrit l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS). Il s’est produit à une faible profondeur.
Les tremblements de terre sont fréquents en Chine. Le Tibet lui-même se situe dans une zone de forte activité sismique en raison de la collision des plaques tectoniques indienne et eurasienne et de la multiplicité de failles. En janvier 2025, au moins 126 personnes avaient été tuées dans un séisme de magnitude 6,8 qui avait frappé le canton de Tingri, au Tibet, non loin de la frontière sino-népalaise. Ailleurs en Chine, un tremblement de terre survenu en décembre 2023 dans une zone reculée de la province du Gansu (nord-ouest) a fait au moins 127 morts, selon les médias d’État. En 2008, un séisme dans la province du Sichuan (sud-ouest) avait fait environ 90 000 morts ou disparus, dont quelque 5 000 écoliers.