En pleine canicule, trouver de l'eau potable gratuitement dans les rues de Nîmes relève parfois du parcours du combattant. Malgré les 80 fontaines à boire recensées par la municipalité, dont la moitié située dans les cimetières, les habitants et les touristes peinent à s'hydrater, particulièrement dans le centre piéton. La ville, consciente du problème, promet de développer un « continuum fraîcheur » avec davantage de points d'eau, des voiles d'ombrage et des brumisateurs.
Pauline, touriste bretonne en visite à Nîmes, témoigne : « Cela fait une heure et demie que l'on cherche une fontaine ». Sa gourde vide dans le sac, elle a fini par abandonner ses recherches dans le centre-ville. « Cela ne fait pas longtemps que j'ai pris l'habitude d'avoir une gourde sur moi. Je ne pensais pas qu'en arrivant ici cela allait être aussi pénible de la remplir », ajoute-t-elle. Accompagnée de son amie, elle sort tout juste d'un bar où elle a payé un thé glacé à 4,50 € pour obtenir un verre d'eau.
Une seule fontaine dans l'Écusson depuis le 10 août
Jusqu'à récemment, aucune source d'eau potable n'était accessible dans l'Écusson, le cœur historique de Nîmes. Depuis le 10 août 2026, la fontaine de la place aux Herbes, laissée à l'abandon depuis la période du Covid, a été remise en service. C'est désormais le premier point d'eau potable du centre piéton. Selon l'adjointe à la végétalisation, Agnès Charaix-Py, il a fallu seulement deux jours pour la remettre en route. « Au bout de 40 min de mise en route, il n'y a pas eu un seul moment où personne n'est venu y boire ! », relate-t-elle.
Laurine, Nîmoise depuis un an et demi, cherche elle aussi désespérément un point d'eau. Elle affirme n'avoir jamais croisé de fontaines à boire dans la ville : « La seule que j'ai trouvée est aux Jardins de la Fontaine ». Après quelques pas, le sésame apparaît finalement sur l'avenue Feuchères, où deux fontaines à eau potable sont à disposition des passants. Ni une ni deux, Laurine remplit aussitôt sa gourde avant de se mouiller la nuque.
« Il manque des fontaines à boire ! »
L'adjointe à la végétalisation de la ville le reconnaît : « Je pense qu'il manque des fontaines à boire. Il n'y en a pas assez et c'est un problème pour les Nîmois et les touristes qui souffrent de la chaleur. » Pour Agnès Charaix-Py, la situation de l'Écusson en est l'illustration parfaite. La nouvelle municipalité souhaite désormais privilégier la santé publique en favorisant le développement des fontaines à boire plutôt que les fontaines ornementales, dont la ville « ne manque pas ». « On dit Nîmes, ville de l'eau, mais pas en eau potable ! », ironise-t-elle.
Adapter la ville à la chaleur
L'accès à l'eau potable n'est qu'une partie du problème. Dans les rues de Nîmes, les îlots de fraîcheur restent également très limités. Sur l'avenue Feuchères, une habitante du quartier des Sept Collines regrette le « peu d'espace pour se rafraîchir, pour les enfants comme pour les adultes ». Au-delà des fontaines, la Ville souhaite développer un « continuum fraîcheur », avec davantage de points d'eau, mais aussi des voiles d'ombrages et des brumisateurs. Agnès Charaix-Py insiste : ces dispositifs doivent apporter des solutions à court terme, en attendant que les arbres plantés puissent se développer. Des expérimentations sont envisagées dès le printemps 2027.



