Cet été 2026, sur le littoral de Saint-Raphaël, dans l'Estérel, les amateurs de sensations fortes semblent avoir retenu les messages de prévention. Les grands plongeons ont quasiment disparu des spots les plus exposés, et les jeunes rencontrés affirment connaître les risques. Toutefois, quelques rares spots, comme la plage du Fournas, continuent d'attirer les sauteurs, mais avec des hauteurs plus modestes.
Une prise de conscience générale chez les jeunes sauteurs
Il y a encore un an, les hauteurs du littoral raphaëlois pouvaient se transformer en tremplins improvisés, notamment au Dramont, où des sauts spectaculaires avaient lieu avec la Méditerranée pour bassin de réception. La Ville de Saint-Raphaël avait alors pris un arrêté pour tenter de mettre un terme aux comportements les plus dangereux, rappelant qu'il était « strictement interdit de sauter dans la mer depuis certains lieux emblématiques, notamment aux lieux-dits ''la cathédrale'' et ''la piscine'' au Cap Dramont ».
Un an plus tard, le décor n'a guère changé : le soleil continue de cuire les roches rouges de l'Estérel, les eaux translucides invitent à la baignade, et les vacanciers, locaux ou touristes, continuent de rechercher une dose d'adrénaline. Mais la hauteur des sauts a changé. Sur le terrain, les grands plongeons ont quasiment disparu des spots les plus exposés, et les rochers du Dramont paraissent bien moins fréquentés par les amateurs de sensations fortes.
Des comportements plus mesurés, mais des risques persistants
Ceux qui sautent encore ne semblent plus chercher la performance ou le spectaculaire. « Quelques mètres suffisent, assurent Arnaud, 18 ans, et son compère Loïs, 17 ans, deux amis parisiens en vacances ici en famille. On regarde toujours les fonds avant de sauter. Zéro prise de risque inconsidérée ! »
« On a vu les panneaux », lancent d'emblée plusieurs jeunes italiens en randonnée vers des criques du Dramont isolées. « Avant, on se challengeait entre nous pour voir qui saute du plus haut. Mais on a vu de nombreux témoignages, sur les réseaux sociaux, de sauteurs qui retombent très mal... Alors on se concentre sur la plongée », admet Alessio, 21 ans. D'autres assurent connaître les dangers, certains disent simplement ne pas vouloir « tenter le diable ». Ces réponses témoignent peut-être d'une évolution des comportements.
Il ne faudrait pas en conclure que le danger a disparu, même si cette année le message semble avoir davantage circulé. Les panneaux sont lus, les recommandations sont connues et les comportements observés paraissent plus mesurés. Quelques petits spots demeurent toutefois fréquentés, notamment du côté de la plage du Fournas, où les quelques mètres proposés par les rochers semblent largement satisfaire les amateurs de plongeon. « Ce rocher, on y saute chaque été, ceux qui viennent ici le connaissent par cœur, pense Mehdi, 22 ans, Raphaëlois. Mais les touristes doivent faire gaffe ! »
Zéro intervention de la police municipale cet été
L'été dernier, Saint-Raphaël avait lancé une campagne de prévention, rappelant l'interdiction de sauter depuis certains lieux. L'arrêté municipal interdisant les sauts – toujours en vigueur – « vise à prévenir les accidents », tels que la commune en a connu par le passé. Et pour cet été, du moins en date du 15 août, « aucun signalement ni aucune intervention de la police municipale depuis le début de la saison n'a été recensée », relevait la Ville de Saint-Raphaël. Deux ou trois mètres pour le frisson, zéro accident pour le moment : cet été, à Saint-Raphaël, la prudence semble avoir trouvé sa juste hauteur.



