Le 17 août 2026, un incendie dans le parc naturel des Hautes-Fagnes, en Belgique, a détruit plus de 100 hectares de tourbières et de forêts, selon les autorités locales. Cet événement a relancé un débat national sur l'impréparation du pays face aux conséquences du changement climatique, comme l'a déclaré le bourgmestre de la commune de Waimes, Daniel Defawe.
Un incendie sans précédent dans les Hautes-Fagnes
L'incendie, qui s'est déclaré dans l'après-midi du 15 août, a mobilisé plus de 200 pompiers, des hélicoptères et des moyens aériens venus de Belgique et d'Allemagne. Les flammes ont parcouru plus de 100 hectares, une surface record pour cette région habituellement humide. Les équipes ont réussi à maîtriser le feu au bout de 48 heures, mais des foyers résiduels persistent, ont indiqué les services de secours.
Selon le bourgmestre Daniel Defawe, « l'ampleur de cet incendie est inédite pour nos régions. Nous étions préparés à des feux de forêt, mais pas à une telle intensité. » Il a ajouté que les moyens locaux ont été rapidement dépassés, nécessitant l'aide des pays voisins.
Le changement climatique en cause
Les scientifiques consultés par Le Monde soulignent que la sécheresse exceptionnelle de l'été 2026, combinée à des températures records, a créé des conditions propices à ce type d'incendie. « La tourbe, habituellement gorgée d'eau, était extrêmement sèche. C'est un signal fort du dérèglement climatique », explique le climatologue Jean-Pascal van Ypersele, professeur à l'UCLouvain.
L'incendie des Fagnes intervient dans un contexte où la Belgique a connu son été le plus chaud jamais enregistré, avec des températures dépassant 40 °C à plusieurs reprises. Les experts estiment que de tels événements deviendront plus fréquents et plus intenses dans les décennies à venir.
Un débat sur la préparation du pays
Cet événement a relancé le débat sur l'impréparation de la Belgique face aux risques climatiques. Le bourgmestre Defawe a déploré le manque de moyens et de coordination : « Nous avons besoin de plus de formation, de plus d'équipements et d'une meilleure stratégie nationale. » Il a appelé le gouvernement fédéral à revoir ses plans d'urgence.
Le ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden, a annoncé la création d'une cellule de crise chargée d'évaluer les leçons à tirer de cet incendie. Elle a promis un renforcement des moyens de lutte contre les feux de forêt, notamment des avions bombardiers d'eau, actuellement absents en Belgique.
Les associations environnementales, comme Greenpeace Belgique, ont saisi cette occasion pour réclamer des mesures plus ambitieuses de réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Chaque année, nous constatons les effets du dérèglement climatique, mais les politiques ne suivent pas », a déclaré la porte-parole, Sarah Vanden Eede.
Alors que les foyers résiduels sont encore surveillés par les pompiers, cet incendie constitue un avertissement pour la Belgique. Il souligne l'urgence d'adapter le pays aux réalités du changement climatique, tant en termes de prévention que de gestion de crise.



