Depuis plusieurs jours, de grandes nappes beiges ou marron clair sont visibles en mer, notamment au Cros-de-Cagnes, suscitant de nombreuses interrogations sur les réseaux sociaux. Selon David Doxaran, chargé de recherche au CNRS au laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer, ces eaux troubles proviennent des orages en montagne et sont charriées par le fleuve Var. Elles ne présentent aucun danger pour la santé, à condition qu'il n'y ait pas de pollution le long du bassin versant.
Un phénomène naturel lié aux orages
Ces étendues d'eau turbide, manquant de transparence, ne sont pas de la matière fécale. Elles résultent des forts orages qui se multiplient actuellement en montagne. « Ces eaux, très turbides, sont issues des orages dans l'arrière-pays. Ces orages font qu'il y a davantage d'eau. En se retrouvant dans le lit du fleuve Var, cette eau, en abondance, érode les berges chargées en argile, terre, sable, calcaire », explique David Doxaran.
Le fleuve Var a son embouchure à Saint-Laurent-du-Var, avec un accès direct à la mer vers l'ouest, une zone proche de Cagnes-sur-Mer. Le même phénomène peut également être observé plus à l'est, à Nice, avec le Paillon qui se jette aussi en mer.
Des particules en suspension sans danger
Les eaux transportent des terres et des sédiments qui se retrouvent sous forme de particules en suspension dans la mer, là où se jette le Var. La durée de ces nappes varie : « S'il n'y a pas de vent, ça peut rester deux ou trois jours. Si le vent se lève, ça disparaît. Concernant le fleuve Var, ce dernier est événementiel et implique en principe, un phénomène court », précise le scientifique.
Bonne nouvelle pour les baigneurs : nager dans ces eaux troubles est possible. « Il n'y a aucun danger pour la santé, s'il n'y a pas de pollution le long du bassin versant. Les substances tractées ne sont pas dangereuses en elles-mêmes », affirme David Doxaran. Il ajoute que le même phénomène se produit régulièrement en Gironde, dans le fleuve Garonne, où des baignades sont organisées, prouvant que les sédiments charriés ne sont pas pollués.
Des épisodes généralement courts
En général, l'épisode ne dure guère plus de deux ou trois jours. Les nappes de limons peuvent rester assez longtemps mélangées à la Méditerranée si le vent est absent, mais elles disparaissent rapidement dès que le vent se lève. Ce phénomène, bien que peu ragoûtant, est donc naturel et saisonnier, lié aux conditions météorologiques récentes dans l'arrière-pays niçois.



