Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Sébastien Lecornu, a annoncé avoir demandé un audit approfondi à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) à la suite du piratage massif des données fiscales qui a touché Bercy. Cette décision fait suite à la découverte d'une intrusion dans les systèmes informatiques du ministère de l'Économie et des Finances, qui a exposé les données personnelles de plusieurs millions de contribuables.
Une intrusion d'ampleur révélée
Selon les informations publiées par Le Monde, l'attaque a été détectée le 14 août dernier. Les données dérobées comprennent des noms, des adresses, des numéros de sécurité sociale et des informations sur les revenus. Le ministère a confirmé que les données de 2,5 millions de contribuables ont été compromises. Cette fuite est considérée comme l'une des plus importantes jamais survenues dans les services fiscaux français.
L'enquête préliminaire, confiée à la brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information (BEFTI), a déjà permis d'identifier une faille dans un logiciel tiers utilisé par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Les premiers éléments indiquent que les hackers ont exploité une vulnérabilité non corrigée pour s'introduire dans le système.
L'Anssi mobilisée pour un audit complet
Face à la gravité de la situation, Sébastien Lecornu a demandé à l'Anssi de mener un audit approfondi de l'ensemble des systèmes d'information de Bercy. L'objectif est de cartographier les failles et de renforcer la sécurité des données. « Nous devons tirer toutes les conséquences de cette attaque et garantir aux Français que leurs données sont protégées », a déclaré le ministre dans un communiqué.
L'Anssi, qui a déjà été sollicitée pour aider à la remédiation, devra remettre un rapport détaillé dans un délai de trois mois. Ce rapport devrait inclure des recommandations sur les mesures à prendre pour éviter de nouvelles intrusions. Le ministère a également annoncé le renforcement de la veille et la mise en place d'une cellule de crise dédiée.
Impact et réactions des contribuables
Cette fuite de données a suscité une vive inquiétude parmi les contribuables, qui craignent des utilisations frauduleuses de leurs informations personnelles. La Cnil, déjà saisie, a rappelé que les victimes peuvent porter plainte et que des mesures de protection, comme le changement de mots de passe, sont recommandées.
Le ministère a assuré que les personnes concernées seront informées individuellement par courrier électronique et que des numéros verts seront mis en place pour répondre à leurs questions. Les autorités judiciaires ont également ouvert une enquête pour « intrusion dans un système de traitement automatisé de données ».
Cet incident relance le débat sur la cybersécurité des administrations publiques. Selon un rapport de l'Anssi publié en 2025, les attaques contre les institutions françaises ont augmenté de 20 % en un an, mais les budgets alloués à la protection des systèmes d'information restent insuffisants. Le gouvernement a promis de renforcer les investissements dans ce domaine, notamment à travers un plan de 1 milliard d'euros annoncé en début d'année.



