Trump réduit les exercices militaires avec Séoul, tollé au Congrès
Trump réduit les exercices avec Séoul, tollé au Congrès

Donald Trump a annoncé dimanche son intention de « réduire considérablement » la participation des États-Unis aux exercices conjoints annuels avec la Corée du Sud, une décision qui bouleverse les relations militaires entre Washington et Séoul et provoque un tollé au Congrès américain. Le président américain a justifié ce changement par sa « très bonne relation avec Kim Jong Un », le dirigeant nord-coréen, tout en évoquant la non-participation de Séoul aux opérations militaires américaines contre l’Iran.

Les manœuvres ont néanmoins commencé lundi « comme prévu », selon les autorités sud-coréennes, mais l’annonce de leur réduction future a immédiatement suscité des réactions critiques, principalement chez les démocrates, mais aussi dans les rangs républicains.

Des critiques démocrates unanimes

Jack Reed, principal membre démocrate de la commission des forces armées du Sénat, a qualifié la décision de « stupide et incohérente ». « La Chine et la Russie observent avec quelle facilité le président abandonne les alliés de l’Amérique, et ils s’en souviendront la prochaine fois qu’ils nous mettront à l’épreuve », a-t-il déclaré. Selon lui, « tous nos alliés et adversaires considèrent que les engagements de l’Amérique sont négociables » lorsque Washington réduit des exercices pour « flatter un dictateur » ou sanctionner Séoul.

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Le sénateur démocrate Mark Warner, membre de la commission du Sénat sur le renseignement, a lui aussi affiché sa surprise. « Merde alors ! Même celle-ci m’a surpris », a-t-il réagi sur les réseaux sociaux, avant de demander à propos de Donald Trump : « De quel côté est-il vraiment ? » La députée démocrate Pramila Jayapal juge de son côté cette décision « très dangereuse pour la stabilité » dans la région et accuse le président américain de favoriser les « règles autoritaires de la Corée du Nord ».

Les républicains s’y mettent aussi

Les critiques ne se limitent pas aux démocrates. Le sénateur républicain Thom Tillis a rappelé que la Corée du Sud était « depuis plus de 70 ans un allié militaire solide, doté de capacités militaires exceptionnelles ». Selon lui, la réduction des exercices conjoints permet à des milliers de soldats nord-coréens de se consacrer davantage au soutien de la Russie dans la guerre en Ukraine.

Pour Jack Reed, cette réduction constitue finalement un avantage politique pour Pyongyang au détriment d’un partenaire historique des États-Unis. « Kim Jong Un a gagné une victoire de propagande, et la Corée du Sud, l’un de nos alliés les plus forts, a été punie pour aucune autre raison au-delà de l’ego de Trump », a estimé le sénateur démocrate.

La réponse de Trump

En réponse, Donald Trump a assuré lundi que sa bonne relation personnelle avec Kim Jong Un rendait la situation « plus sûre », en sous-entendant que des échanges récents avaient eu lieu avec le dirigeant nord-coréen. « Je la rends plus sûre », a dit le président américain, interrogé dans le Bureau ovale. « Kim Jong Un m’a toujours traité avec un grand respect », a-t-il ajouté, en déclarant « Je le comprends. Il me comprend. »

Cette décision, qui intervient alors que les exercices conjoints ont débuté comme prévu, marque un tournant dans la politique de défense américaine en Asie. Elle pourrait avoir des conséquences sur la sécurité régionale et sur la confiance des alliés des États-Unis, alors que les critiques fusent de tous bords au Congrès.

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