Le village de Moerdijk, aux Pays-Bas, comptant 1 150 habitants, est menacé de démolition pour permettre la construction d'un vaste pôle de transition énergétique et d'extension industrielle. Le projet, baptisé Powerport, s'étendrait sur 700 hectares et comprendrait des lignes à haute tension, des sous-stations électriques et des usines de production d'hydrogène vert.
Un projet stratégique entre Rotterdam et Anvers
Situé entre les ports de Rotterdam et d'Anvers, Moerdijk est considéré par le gouvernement néerlandais comme un emplacement idéal pour atteindre les objectifs de la transition énergétique. Patrick Witte, professeur associé en aménagement du territoire, explique : « L'emplacement de Moerdijk est parfait pour atteindre les objectifs de la transition énergétique. Le village se trouve exactement entre les ports de Rotterdam et d'Anvers », desservi par l'eau, une autoroute et le train, permettant ainsi de regrouper installations énergétiques, portuaires et infrastructures.
Les habitants entre colère et incertitude
Les habitants de Moerdijk oscillent entre « colère, incrédulité et méfiance envers le gouvernement », affirme Pim Meijer, qui représente un collectif de 500 habitants. Ils se demandent « pourquoi eux, pourquoi leur village ? ». L'avenir du village est incertain : après des années de tergiversations politiques, la municipalité s'était résignée à voir le village disparaître et se préparait aux compensations financières pour les habitants. Mais au printemps, le nouveau gouvernement a laissé entendre que le projet pourrait se faire sur moins d'espace, préservant Moerdijk. Depuis, aucune décision finale n'a été prise.
Un village à l'abandon
En attendant, certains habitants délaissent l'entretien de leur maison, des commerçants n'investissent plus, et des couples avec de jeunes enfants partent avant que l'école ne disparaisse. Pim Meijer souligne cette situation : « Certains habitants délaissent l'entretien de leur maison, car à quoi bon ? Des commerçants n'investissent plus, des couples avec de jeunes enfants partent avant que l'école ne disparaisse ». De plus, si le projet se réalise, les habitants se retrouveraient encerclés par les installations énergétiques, le port et l'autoroute, comme le note Patrick Witte.
Le maire exige des garanties
Le maire de Moerdijk, Aart-Jan Moerkerke, déclare : « Si le village est préservé, il doit rester un lieu où il fait bon vivre. Nous avons aussi besoin de garanties qu'ils ne reviendront pas frapper à notre porte dans quinze ans avec un énième nouveau projet ». Le village, qui existe depuis le Moyen-Âge, attend une décision du gouvernement, sans délai précis.



