Incendies : faut-il creuser plus de bassines pour protéger les forêts ?
Incendies : faut-il creuser plus de bassines ?

Alors que les incendies de forêt se multiplient en France, l'idée de creuser davantage de bassines de rétention d'eau refait surface. Ces réserves d'eau, souvent controversées, sont présentées par leurs défenseurs comme un outil indispensable pour lutter contre les feux et sécuriser l'approvisionnement en eau des agriculteurs.

Une solution pragmatique face au risque incendie

Selon un rapport de la mission interministérielle sur les incendies publié en 2023, la France a connu une augmentation de 40% des surfaces brûlées par rapport à la décennie précédente. Les épisodes caniculaires successifs assèchent les sols et rendent les massifs forestiers plus vulnérables. Dans ce contexte, les partisans des bassines estiment que ces réserves, en stockant l'eau de pluie ou de fonte, permettraient de disposer de volumes d'eau suffisants pour les pompiers et les exploitations agricoles.

« Les bassines ne sont pas une panacée, mais elles font partie de la boîte à outils. Dans le sud-ouest, sans ces réserves, nous ne pourrions pas irriguer les cultures ni défendre les forêts », explique Xavier Delmas, président de la chambre d'agriculture de la Nouvelle-Aquitaine, cité dans l'article. Le gouvernement a d'ailleurs alloué 30 millions d'euros en 2024 à la création de dix nouvelles retenues collinaires.

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Les opposants dénoncent un accaparement de l'eau

À l'inverse, les associations environnementales comme les Soulèvements de la Terre rappellent que les bassines pompent dans les nappes phréatiques pendant l'hiver, privant les écosystèmes d'une ressource essentielle. « Creuser des bassines, c'est prendre l'eau à la nature pour la donner aux agro-industriels. Cela aggrave la sécheresse des sols et fragilise les zones humides », dénonce Lise Fournier, porte-parole de l'association Eau Secours.

Le projet de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, a cristallisé les tensions avec des manifestations violentes en 2023. Malgré l'interdiction préfectorale, les travaux ont repris en janvier 2024, suscitant de nouvelles polémiques. Au total, 16 projets de bassines sont en cours dans le bassin Adour-Garonne, pour un volume stocké de 50 millions de mètres cubes.

Un compromis possible ?

Pour tenter de sortir de l'impasse, des scientifiques proposent une évaluation systématique des impacts écologiques avant toute construction. L'Ifremer et le BRGM mènent actuellement une étude sur l'effet des retenues sur les nappes phréatiques. Les premiers résultats, attendus pour fin 2025, devraient objectiver les bénéfices et les inconvénients.

En attendant, le débat reste vif. Les élus locaux des zones touchées par les incendies, comme ceux du Var ou des Bouches-du-Rhône, réclament des mesures urgentes. « Avec les canicules à répétition, nous n'avons pas le temps de discuter pendant dix ans. Il faut agir maintenant », insiste le maire de Vidauban, Thierry Lelièvre. La question des bassines s'annonce comme un des sujets brûlants du prochain plan national d'adaptation au changement climatique, attendu en 2025.

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