Les organisations syndicales de sapeurs-pompiers professionnels ont annoncé, jeudi 13 août, une « mobilisation intensive » fin septembre, après une rencontre jugée « décevante » avec le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Ils réclament une réforme urgente de leur système de financement, face à l’intensité des événements climatiques. La grève prendra la forme d’une « manifestation statique les 26, 27 et 28 septembre, place de la République à Paris », a précisé David Saquet, d’Unsa Sapeurs-pompiers, auprès de l’AFP. Cette action, baptisée « les colonnes de la révolte », intervient alors que 120 000 hectares ont brûlé en France depuis le début de l’été, selon les estimations provisoires des autorités.
Un système de financement à bout de souffle
Les sapeurs-pompiers professionnels « sont à bout » et demandent que « l’Etat ouvre le robinet » du financement, aujourd’hui assumé par les collectivités. En effet, les 5,6 milliards d’euros annuels de budget de la sécurité civile sont financés à plus de 90 % par les collectivités territoriales, dont 60 % par les départements. L’Etat, qui prend en charge le reste, a augmenté sa contribution de 450 millions d’euros en 2017 à 800 millions en 2026, selon Le Monde. Malgré cela, « nous avons atteint un point de rupture », alertait le 27 juillet Les Départements de France. « Sans les départements, le système ne tient pas. Mais dans le même temps, nous traversons la crise financière la plus grave de notre histoire », justifiait l’association d’élus départementaux.
Des pistes pour financer les SDIS
Plusieurs pistes sont évoquées pour aider le financement des SDIS, comme l’augmentation de la taxe de séjour ou l’ajout d’un impôt sur le bâti foncier. Les Départements de France proposent aussi « d’augmenter les recettes issues de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance ». Le raisonnement : « sauver des flammes maisons ou voitures, c’est moins d’indemnisations à verser par les assureurs ». François Sauvadet, président des Départements de France, a réitéré cet appel jeudi sur France Info, soulignant que « le système nécessite des moyens nouveaux et notamment des moyens aériens ».
Le recrutement de pompiers professionnels en question
Autre sujet brûlant : le recrutement. Selon les données du ministère de l’Intérieur de 2024, 17 % des sapeurs-pompiers sont professionnels, 5 % sont militaires, et 78 % sont volontaires. Ces volontaires « combattent le feu après leur travail ou pendant leurs jours de congé », explique Pauline Born, maîtresse de conférences à l’université de Rouen, dans The Conversation. Leurs indemnités horaires, de 8,71 à 13,11 euros selon le grade, « ne compensent pas toujours les frais de garde » des enfants. Ludovic Goblet, lieutenant au SDIS de la Somme, plaide pour des moyens « en adéquation avec les nouveaux phénomènes climatiques plus violents » : « Nous avons bien reçu de nouveaux engins, mais cela n’a pas permis d’augmenter nos capacités : les nouveaux engins ont juste remplacé les anciens. Il faut aussi davantage de personnels. » Laurent Nuñez, qui assure n’ignorer « aucune des difficultés », a promis qu’un projet de loi de modernisation de la sécurité civile serait présenté « début septembre ».



