Sur les hauts de Frontignan, au pied du massif de la Gardiole, un habitant se bat seul depuis deux ans pour faire respecter l'obligation légale de débroussaillement (OLD) dans son quartier, pourtant classé parmi les plus exposés au risque incendie. Renaud Madelrieu, qui applique scrupuleusement la loi sur ses parcelles et celles de ses voisins avec leur accord, alerte en vain la municipalité depuis janvier 2024.
Des signalements ignorés malgré l'incendie d'août 2024
Dès janvier 2024, Renaud Madelrieu signale au garde-champêtre l'état d'abandon des terrains communaux. « Les services techniques ont été dépêchés sur place, mais n'ont nettoyé qu'une partie d'une parcelle en zone urbaine, au bout de la rue du Miradou, refusant de faire la zone la plus à risque », raconte-t-il. L'incendie d'août 2024, qui a causé des dégâts dans le quartier, ne change rien. Il relance la mairie au printemps 2025, puis en juin, sans réponse. En juillet, il saisit par courrier recommandé la préfecture de l'Hérault et le Sdis 34, signalant les broussailles envahissantes rue du Miradou, le non-débroussaillement de la Halle des sports Nikola Karabatic – une structure en bois entourée d'habitations et d'une résidence HLM – et des chemins communaux laissés en friche.
L'État intervient, mais les travaux tardent
Cette fois, l'État réagit. La Direction départementale des territoires et de la mer de l'Hérault somme la mairie de traiter l'intégralité de la parcelle de la halle des sports, parking compris, sur 50 mètres de profondeur, conformément à l'arrêté préfectoral du 8 avril 2025. Une liste des propriétaires verbalisés ou avertis doit être transmise à l'automne. Sous la pression, l'élu à l'urbanisme de l'époque, Frédéric Aloy, promet dans un courrier du 22 août des travaux avant la fin de l'année sur les chemins des Rabassous et du Pioch Michel, et à la halle des sports « dès que possible ».
Bilan 2026 : quasi-rien n'a été fait
En janvier 2026, seul le chemin du Miradou a été traité. « Les années passent, et rien ne se passe », se désole Renaud Madelrieu. En juin, il envoie un dernier mail, prévenant que la chaleur, le vent et les broussailles forment un « cocktail explosif ». La mairie répond que certains chemins ont déjà été débroussaillés l'année dernière et que les autres sont prévus dans le plan pluriannuel, sans préciser lesquels ni quand. Pour le gymnase Nikola Karabatic, aucune mention. Au 13 juillet, rien n'avait bougé. Sur le chemin de Carriérrasse, le débroussaillement n'a été fait que sur un mètre au lieu des cinq réglementaires, et les souches n'ont pas été retirées. « J'ai rempli mon rôle d'alerte, avant même l'incendie d'août 2024, en vain. J'ai l'impression que tout le monde s'en fout », lâche Renaud Madelrieu, dénonçant une « mise en danger involontaire des Frontignanais » résultant d'« une incompétence patente ».



