Estrosi : « Alerte rouge sur le climat, maintenant ou jamais »
Estrosi : « Alerte rouge climat, maintenant ou jamais »

Dans une tribune libre publiée dimanche, Christian Estrosi, ancien maire de Nice et président délégué de la Région Sud, lance une « alerte rouge » sur le réchauffement climatique. Il estime que « maintenant, ou il sera trop tard » et appelle à une accélération immédiate des actions, alors que la France vit sa pire saison d’incendies depuis 2012.

Un été meurtrier et des records battus

Christian Estrosi rappelle que les scientifiques, météorologues et géographes, « au premier rang desquels le GIEC », alertent depuis des décennies, mais que « collectivement, nous ne les avons pas suffisamment entendus ». Il souligne que cet été, les tempêtes, incendies de forêt et intempéries ont été « plus que ravageurs : meurtriers, destructeurs d’habitations et de milliers d’hectares de forêt, chez nous comme partout dans le monde ».

En Europe et en Amérique du Nord, près de six millions d’hectares sont déjà partis en cendres cette année. Trois canicules se sont succédé en France en quelques mois, tandis qu’en Espagne, le thermomètre a de nouveau frôlé les 45 °C ces derniers jours. Au Népal, l’effondrement d’un glacier a déclenché une crue qui a fait des centaines de morts et de disparus.

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Des exemples concrets dans les Alpes-Maritimes

L’ancien maire de Nice cite des exemples locaux : dans les Hautes-Alpes, des pluies diluviennes ont fait déborder plusieurs torrents à Vallouise-Pelvoux, emportant près de quatre kilomètres de route. Dans la vallée de la Vésubie, la tempête Alex en 2020 a fait dix morts et huit disparus, suivie de la tempête Aline trois ans plus tard. « Ce ne sont plus des exceptions qui frappent une fois par génération. C’est un même scénario qui se répète, à intervalles de plus en plus rapprochés », insiste-t-il.

Il note que, pour la première fois, trois années consécutives ont franchi le seuil de 1,5 °C fixé par l’Accord de Paris, et que les glaciers alpins fondent plus vite que ne le prévoyait le GIEC. « L’urgence d’agir n’est plus une opinion. C’est un fait », affirme-t-il.

Les actions menées à Nice

Christian Estrosi rappelle que, depuis son élection comme maire de Nice en 2008, il a porté une vision radicale : construire une métropole pensée comme un écosystème intégré, du sommet du Mercantour jusqu’au littoral méditerranéen. En 2012, il a créé la première métropole de France, regroupant 51 communes autour d’une gouvernance unique traitant l’eau, l’énergie, l’assainissement, l’urbanisme et les mobilités comme un système interconnecté.

Depuis 2020, 280 000 arbres ont été plantés à Nice, et la couverture végétale est passée de 14 % à 33 % en cinq ans. La Promenade du Paillon, opération emblématique, représente 20 hectares de parc urbain et jusqu’à 8 °C de moins ressentis en été. Dans la Plaine du Var, un Grand Parc de 30 hectares est inscrit dans les documents d’urbanisme, dont 5 hectares déjà réalisés.

Eau, chaleur et mobilités : des infrastructures clés

Sur l’eau, la station Haliotis 2, plus grand chantier industriel de France en cours, permettra de recycler 5 millions de m³ par an et d’éliminer plus de 90 % des microplastiques. Christian Estrosi souligne que ces infrastructures sont « des outils de justice sociale et de santé publique », car la chaleur ne frappe pas tout le monde pareil. Il appelle à cibler en priorité les copropriétés dégradées et les résidences pour personnes âgées, et à faire de l’accès au rafraîchissement « un droit, pas un privilège ».

Il évoque aussi le trafic maritime, avec des navires de croisière de 6 000 passagers autorisés à stationner sur le littoral niçois et à déverser particules fines et soufre. « Est-ce notre vocation de continuer à les accueillir là où Venise les a définitivement exclus de sa lagune ? », interroge-t-il.

Une trajectoire, pas un aboutissement

Christian Estrosi déplore que « décideurs publics et opinion continuent de traiter le climat comme un sujet parmi d’autres, quand il devrait être LE sujet ». Il parle d’un « choix collectif de procrastination » qui a un coût : « celui que paieront nos enfants, avec les intérêts ». Il estime que « les dix à quinze années qui viennent décideront de tout ».

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Il rappelle que la France a déjà réduit ses émissions de près de 25 %, avec une trajectoire possible de 50 % de baisse en 2030. La neutralité carbone en 2050 « n’est pas un rêve, c’est une nécessité ». À l’échelle de la planète, cela reste « une goutte d’eau », mais qu’il veut « porter en exemple ».

En accueillant l’an dernier à Nice le sommet des Nations Unies sur l’océan, la montée des eaux et la disparition des zones côtières ont été au cœur des débats. Christian Estrosi conclut : « Il appartient désormais à l’État d’accompagner davantage les collectivités qui avancent, pour qu’elles puissent aller plus vite encore. » Il forme le vœu que cette dynamique ne soit pas interrompue et qu’elle inspire d’autres territoires. « Ce n’est plus le temps de l’observation. C’est une alerte rouge. Maintenant, ou il sera trop tard ! », conclut-il.