À l’approche du Cannes Yachting Festival, prévu du mardi 8 au dimanche 13 septembre 2026, les équipes techniques s’affairent sur le Vieux-Port et le port Canto. Andrea Cutugno, coordinateur général à flot, supervise avec ses 14 collaborateurs l’installation des 700 bateaux attendus pour ce salon nautique. Chaque navire doit être positionné avec une précision extrême, car la capacité des ports est saturée. « On est tellement plein, en termes de capacité, qu’on ne peut pas se permettre de décaler un bateau à plus de 30 cm », explique-t-il, fort de son seizième festival. « Je suis un peu perfectionniste, j’aime bien quand ils sont bien alignés. S’il est 10 degrés trop à gauche, on va le rebasculer à droite. »
Une manœuvre d’une précision extrême
Les membres de l’équipe mer, répartis par paires dans des zodiacs, accueillent les bateaux à l’entrée des ports. Ils les guident par radio VHF ou par gestes, indiquent la place exacte et l’emplacement des ancres pour éviter tout enchevêtrement. Sophie, nouvelle recrue, précise : « On repère s’il y a quoi que ce soit sur le plan d’eau, avant qu’ils arrivent, on leur indique quelle va être leur place, par radio VHF ou avec les mains, et où mettre les ancres, pour ne pas qu’elles s’entremêlent avec les autres. »
Une fois à quai, l’amarrage demande une attention particulière. Andrea souligne : « Ça n’a pas l’air quand on regarde comme ça, mais si on décale d’un point d’ancrage, le bateau peut se décaler de 2 mètres d’un côté ou de l’autre. » Les conditions météorologiques futures sont également prises en compte : « On réfléchit au pire des scénarios, et on l’amarre en conséquence. Il y a des angles à respecter, des tensions sur les bouts… »
Des compétences rares et une formation continue
Ce travail exige des qualifications spécifiques. « C’est difficile, c’est un métier qui n’existe plus vraiment, qui demande des compétences très spécifiques », admet Andrea. Pour pallier cette rareté, l’équipe mer intègre chaque année deux à trois nouvelles recrues, formées sur le tas. « Le but, c’est que n’importe quel équipage puisse prendre le relais à n’importe quel moment. »
En parallèle, l’équipe de Locaponton, dirigée par Pierre-Henri Simon, est sur place depuis le 14 août pour installer les 7,5 kilomètres de pontons. Les pontons habituels, jugés inadaptés à l’événementiel, sont démontés, à l’exception de cinq bouts historiques. « On a tout démonté, parce que ce sont des pontons qui ne sont pas du tout adaptés à l’événementiel, explique Pierre-Henri Simon. On ne peut pas les morceler. Or, le sur-mesure offert à chacun des exposants nécessite de pouvoir faire des morceaux, de pouvoir les connecter de part et d’autre et de leur offrir aussi une surface qui soit la plus propre et la plus épurée possible. »
Une logistique de grande ampleur
Une trentaine de personnes, dont des scaphandriers, sont mobilisées pour amarrer les pontons avec des chaînes et des ancrages spécifiques. Près de 15 kilomètres de chaînes sont utilisés pour garantir leur stabilité. L’équipe de Locaponton participe également à la mise en place des navires, en positionnant une deuxième ancre après leur installation. L’objectif : que tout soit prêt et parfait pour le jour J, mardi 8 septembre.



