Décarbonation : le salon EVER Monaco clôture sa 20e édition
Décarbonation : EVER Monaco clôture sa 20e édition

Le salon EVER Monaco, dédié à la mobilité durable et aux énergies renouvelables, a refermé ses portes ce 15 octobre. La dernière conférence, consacrée à la décarbonation, a réuni des représentants de la SNCF, de la SMEG, de la Société des Bains de Mer (SBM) et du Rallye Aïcha des Gazelles. Le prince Albert II est venu saluer les organisateurs et les participants, rappelant que « la transition énergique ne repose pas sur une solution unique mais s’appuie sur la convergence des décisions politiques, des choix économiques et de l’engagement collectif. Nous devons impérativement concilier progrès humains et protection de la planète. »

Des acteurs engagés dans la réduction des émissions

Virginie Cotta, secrétaire générale de la SBM, a expliqué que les émissions de CO2 de la société sont mesurées chaque année « de façon à identifier où mener les actions qui auront un maximum d’impact en termes de décarbonation ». Elle a rappelé que la SBM a été « précurseurs dès les années 80 en utilisant la thalassothermie » et poursuit ses efforts, notamment en supprimant « petit à petit le plastique à usage unique ». Selon elle, « le luxe a un fort pouvoir d’influence et nos clients sont de plus en plus sensibilisés à la préservation de la planète ».

Astrid Sihoan, directrice des réseaux chaud et froid de la SMEG, a mis en avant les opérations collectives, comme celle réalisée à Fontvieille, « ce quartier conçu dès l’origine avec une solution collective de création d’énergie grâce à l’incinération des déchets et la thalassothermie ». Elle a souligné que ce procédé ne rejette pas d’air chaud lorsqu’il est utilisé pour rafraîchir les espaces. La SMEG a déjà livré d’autres boucles de thalassothermie dans les quartiers de la Condamine, du Larvotto et bientôt la Costa, des projets qui s’inscrivent sur un temps long.

SNCF : une baisse de 56 % des émissions de CO2

Stéphane Lebrun, directeur général de la SNCF Voyageurs Sud Azur, a confirmé que « la modernisation des équipements, le changement d’énergie, etc, tout prend du temps ». Il a précisé que « chaque jour la Principauté est desservie par 80 à 160 trains et, à présent, la majorité roule à l’électrique ; dans la Roya, nos trains roulent au Colza depuis décembre 2024 ». Depuis cette date, et grâce à des formations d’écoconduite pour les chauffeurs, la SNCF a baissé ses émissions de CO2 de 56 %, soit 3 378 tonnes de CO2 évitées en 2026.

Dominique Serra, fondatrice du Rallye Aïcha des Gazelles, a expliqué que son rallye « n’est pas une course de vitesse mais d’orientation dans le désert ». Elle a indiqué que l’événement rejette 1 000 tonnes de CO2, là où « une compétition de ski à Courchevel en rejette 214 000 ». Elle a ajouté : « Ceci étant nous poussons pour avoir plus 12 % de voitures électriques sur le rallye (comme cette année) et sommes disposés à être un laboratoire d’innovation pour les constructeurs. Il fait chaud, les batteries sont lourdes et manquent d’autonomie, venez tester vos solutions à nos côtés. »

La réglementation, un signal incitatif

Adrien Fournon, avocat du cabinet Jeantet, a évoqué le cadre contraignant de la réglementation autour de la décarbonation. Selon lui, « si ce cadre peut parfois être un frein à l’innovation, il est aussi un signal incitatif très fort. Sans pression réglementaire, on n’irait pas aussi vite. »

Le salon a également été marqué par le concours de pitch, remporté par Romain Garcin, fondateur de la startup Vertuoso, basée à Draguignan. Sa technologie est une solution d’assainissement capable de stopper efficacement les polluants présents dans les eaux pluviales, évitant que des déchets visibles comme des particules fines ou des hydrocarbures ne polluent les nappes et, in fine, l’eau du robinet. Romain Garcin a reçu un prix de 8 000 euros ainsi qu’une mise en réseau avec la Chambre de commerce de Monaco. Il a déclaré : « Nous sommes vraiment très heureux. Nous portons un programme européen majeur dédié à la gestion durable des eaux pluviales et à la prévention des pollutions à la source. Nous avons demandé au Prince d’être notre ambassadeur. » Une suite reste à suivre.