Dans une carte blanche publiée le 20 juillet 2026, Guillaume Duval, ex-rédacteur en chef d'« Alternatives économiques », estime que la « douce France » est « probablement définitivement finie » après les canicules dévastatrices de l'été 2026. Il appelle à une adaptation à marche forcée du pays et à une union de la gauche écologique, sociale et démocratique pour la présidentielle de 2027.
Une sidération face à la violence climatique
Duval, qui alerte depuis plus de trente ans sur le réchauffement climatique, avoue n'avoir « jamais imaginé que nous vivrions dès 2026 ce que nous avons traversé ces dernières semaines ». Il décrit une sidération collective face à la violence des événements, qui ne serait « selon toute probabilité qu'un début ». Les conséquences agricoles risquent d'être terribles, avec la ruine de nombreux exploitants, la faillite d'entreprises et une inflation des prix alimentaires à des niveaux inconnus depuis des décennies.
Rompre avec les politiques menées depuis 2017
Pour Duval, il est nécessaire de « rompre définitivement avec les politiques menées depuis 2017 ». Il dénonce une politique budgétaire irresponsable qui a fait exploser la dette publique tout en freinant la transition énergétique, en raison de la priorité absolue accordée à la baisse des impôts des plus riches et des grandes entreprises. « Celles et ceux qui ont mené de façon aussi autoritaire des politiques aussi ineptes ne peuvent évidemment pas être ceux qui sortiront demain le pays de l'ornière », affirme-t-il.
L'extrême droite inapte à l'adaptation
Duval exclut également l'extrême droite, climatosceptique et xénophobe, qui a nié le réchauffement depuis des décennies et s'est opposée à toutes les politiques d'atténuation et d'adaptation. Il rappelle que, alliée à la droite européenne, elle démonte méthodiquement le « Green Deal » depuis 2024 et soutient les dictateurs qui sabotent l'action collective mondiale. « L'extrême droite réactionnaire, constamment tournée vers un passé fantasmé, est évidemment totalement incapable de mener les politiques innovantes et audacieuses indispensables », ajoute-t-il.
La responsabilité de la gauche écologique
Selon Duval, la catastrophe donne à la gauche écologique, sociale et démocratique une « responsabilité majeure » : éviter que le macronisme ou l'extrême droite n'emporte l'élection présidentielle de 2027. Pour cela, cette gauche doit cesser de « se regarder le nombril » et se doter d'un programme commun ambitieux et crédible, notamment sur l'adaptation au changement climatique. Elle doit aussi choisir un ou une candidate capable de « renvoyer à leurs chères études les anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron » et de l'emporter au second tour face à Marine Le Pen. Duval précise que ce ne serait « évidemment pas le cas avec Jean-Luc Mélenchon ».
Un appel à l'unité avant le désastre
Duval conclut en mettant en garde : si la gauche n'est pas capable de surmonter ses querelles dans les prochaines semaines pour proposer une alternative crédible, elle porterait une « responsabilité majeure » dans le désastre annoncé, que ce soit le maintien du macronisme ou la victoire du Rassemblement national. « Sur le plan de l'adaptation de la France au changement climatique bien sûr, mais aussi sur tant d'autres malheureusement », écrit-il.
Cet article est une carte blanche, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n'engage pas la rédaction.



