Canicules en Europe : une zone froide dans l'Atlantique les aggrave-t-elle ?
Canicules : une zone froide dans l'Atlantique en cause ?

Les canicules qui frappent l'Europe avec une intensité croissante pourraient être liées à une zone d'eau anormalement froide dans l'Atlantique Nord, un phénomène qui suscite l'intérêt des chercheurs. Selon une étude récente, cette poche d'eau froide, située au sud du Groenland, pourrait modifier les courants atmosphériques et favoriser des vagues de chaleur extrêmes sur le continent européen.

Un paradoxe climatique

Alors que les températures mondiales augmentent en raison du réchauffement climatique, une région de l'Atlantique Nord se refroidit paradoxalement. Ce « trou froid », comme le surnomment les scientifiques, a été observé pour la première fois dans les années 2010 et s'est intensifié depuis. « C'est un signal très clair que le système climatique est en train de changer de manière inattendue », explique le Dr. Maria Lopez, climatologue à l'Université de Reading.

Les données montrent que la température de surface de la mer dans cette zone est jusqu'à 2 °C inférieure à la moyenne historique. Ce refroidissement est attribué à un affaiblissement du courant océanique de l'Atlantique Nord, qui transporte les eaux chaudes vers le nord. « Le Gulf Stream ralentit, ce qui entraîne une accumulation d'eau froide dans cette région », précise le Dr. Lopez.

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Un lien avec les canicules européennes

Les chercheurs ont établi un lien statistique entre cette zone froide et l'aggravation des canicules en Europe. Lorsque l'eau est plus froide que la normale dans l'Atlantique Nord, la différence de température avec l'air ambiant crée des anomalies de pression atmosphérique. « Cela modifie la trajectoire des vents d'ouest, qui apportent habituellement de l'air frais de l'océan vers l'Europe », explique le Dr. Jean Dupont, météorologue à Météo-France.

En conséquence, des masses d'air chaud provenant du sud stagnent plus longtemps sur le continent, provoquant des canicules plus longues et plus intenses. L'étude, publiée dans la revue Nature Climate Change, a analysé les canicules européennes de 2019, 2022 et 2023, qui ont été parmi les plus meurtrières. « Dans chaque cas, la zone froide était particulièrement marquée », indique le Dr. Lopez.

Des conséquences humaines et environnementales

Les canicules en Europe ont causé la mort de plus de 60 000 personnes en 2022, selon l'Organisation mondiale de la santé. Les épisodes de chaleur extrême entraînent également des sécheresses, des incendies de forêt et des dommages aux cultures. « Si ce phénomène se confirme, nous devons nous préparer à des étés encore plus chauds », avertit le Dr. Dupont.

Les scientifiques appellent à renforcer les observations océaniques et à améliorer les modèles climatiques pour mieux prévoir ces événements. « Comprendre ce lien est crucial pour anticiper les futures vagues de chaleur », conclut le Dr. Lopez.

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