Lunel : 15 mois ferme pour exhibition devant mineurs en récidive
Lunel : 15 mois ferme pour exhibition devant mineurs

Le tribunal correctionnel de Montpellier a condamné un homme de 57 ans à quinze mois d’emprisonnement ferme, avec maintien en détention, pour des faits d’exhibition sexuelle commis en récidive devant trois mineurs sur la voie verte de Lunel. Les faits remontent au 27 avril 2026.

Des gestes obscènes devant des adolescents

En début d’après-midi, deux adolescents circulent à vélo lorsqu’ils croisent le quinquagénaire. Selon leurs déclarations, celui-ci leur adresse un doigt d’honneur avant de porter un doigt à sa bouche, de baisser son pantalon et de leur montrer ses fesses en réalisant plusieurs gestes obscènes. Le même jour, un troisième mineur signale des faits similaires. Il affirme que l’homme a baissé son pantalon, montré son sexe, effectué une danse devant lui et réalisé des gestes obscènes, notamment en portant sa main au niveau de son anus.

Le prévenu admet une partie des faits

Déjà placé en détention provisoire après son interpellation, le prévenu comparaissait cette fois devant le tribunal pour être jugé sur le fond. À la barre, il reconnaît une partie des faits. Il admet avoir baissé son pantalon, montré ses fesses et porté un doigt à sa bouche, mais conteste avoir exhibé son sexe ou s’être introduit un doigt dans l’anus devant les enfants. Pour expliquer son comportement, il affirme souffrir d’hémorroïdes particulièrement douloureuses. "J’ai sucé mon doigt parce que mon anus me brûlait", explique-t-il au tribunal. "J’ai montré mes fesses, mais je n’ai pas montré mon sexe", insiste-t-il. Il reconnaît en revanche avoir parfaitement vu les trois mineurs au moment des faits.

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Des pulsions sexuelles envers les mineurs

L’audience prend une tournure plus personnelle lorsque la présidente l’interroge sur les raisons de ses passages à l’acte. Le prévenu finit par reconnaître souffrir de pulsions sexuelles envers les mineurs. "Depuis combien de temps ?", demande la présidente. "Ça fait 57 ans. Je m’en suis rendu compte à l’âge de 16 ans. Je n’arrive pas à m’en empêcher", répond-il. La présidente poursuit : "Vous vous sentez dangereux à l’égard des mineurs ?" "Non." "Mais vous ne pouvez pas vous en empêcher ?" "Non." Ces réponses marquent les débats et sont reprises par le ministère public dans ses réquisitions.

Un parcours de vie marqué par les violences

Le tribunal revient également sur son parcours de vie. Sans domicile fixe depuis plus de vingt ans, sans activité professionnelle depuis 2001, il indique consommer du cannabis "quand il en trouve" et précise ne plus boire d’alcool depuis une trentaine d’années. Interrogé par son avocate, il évoque également un viol subi lorsqu’il avait 8 ans. Selon la défense, ce traumatisme ancien est à l’origine de pulsions sexuelles jamais prises en charge. Face au tribunal, le prévenu affirme souhaiter bénéficier de soins spécialisés. "J’aimerais trouver un endroit où je pourrais être soigné par des médecins, un endroit calme et serein", déclare-t-il.

Un casier judiciaire lourd

Le ministère public rappelle que le prévenu comparaît en état de récidive légale. Son casier judiciaire comporte onze condamnations prononcées entre 1993 et 2023, dont quatre pour des faits identiques d’exhibition sexuelle. Le procureur rappelle également une condamnation à dix ans d’emprisonnement ferme en Italie. Pour le parquet, le dossier est particulièrement préoccupant. Le ministère public souligne que le prévenu reconnaît lui-même éprouver une attirance sexuelle envers les mineurs tout en affirmant être incapable de contrôler ses pulsions. Son mode de vie très précaire et ses déplacements permanents compliqueraient également toute prise en charge thérapeutique fixe.

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Les réquisitions du parquet

Le ministère public requiert quinze mois d’emprisonnement avec maintien en détention, cinq ans de suivi socio-judiciaire ainsi qu’une interdiction d’exercer toute activité en lien avec des mineurs. La défense demande au tribunal de ne pas limiter son analyse aux seuls faits reprochés. "Les faits sont reconnus, mais comment les explique-t-on ? Pourquoi ce passage à l’acte ?", plaide son avocate. Elle insiste sur l’absence de violences physiques ou d’agressions sexuelles dans cette procédure et estime que la priorité doit être donnée à un traitement médical et à un suivi psychologique spécialisé, seuls susceptibles de limiter durablement le risque de récidive. Elle invite également le tribunal à tenir compte d’un parcours de vie marqué par les violences subies durant l’enfance, l’errance et l’absence de prise en charge.

La décision du tribunal

Après en avoir délibéré, le tribunal a déclaré l’homme coupable des faits qui lui étaient reprochés. Les magistrats l’ont condamné à quinze mois d’emprisonnement ferme, avec maintien en détention, la peine étant déclarée non aménageable. Ils ont également prononcé un suivi socio-judiciaire de cinq ans, assorti d’une injonction de soins dans un service spécialisé dans la prise en charge des auteurs présentant des pulsions sexuelles envers les mineurs. Le condamné ne pourra entrer en contact avec des mineurs ni exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant des enfants. Il est également privé de ses droits d’éligibilité pendant trois ans et sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.