L'industrie musicale se dote d'une nouvelle nomenclature pour encadrer les créations issues de l'intelligence artificielle générative. Vendredi, plusieurs organisations professionnelles majeures, emmenées par la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI) et l'association américaine RIAA, ont présenté deux labels destinés à identifier les contenus musicaux produits avec l'IA. L'initiative, qui inclut également les Grammys et diverses instances de la musique indépendante, vise à une adoption large, en particulier par les plateformes de streaming.
Deux labels distincts pour l'IA
Le premier label, intitulé « généré par IA », s'applique aux morceaux où l'intelligence artificielle « a été utilisée pour générer la totalité ou l'essentiel des éléments créatifs ». Selon un communiqué, cela concerne la musique « intégralement générée par des prompts », mais aussi les titres dont « la performance vocale principale » ou « une partie instrumentale essentielle » sont produits par l'IA. Le second label, « assisté par l'IA », cible les morceaux « avec une dimension humaine substantielle dans la création » mais ayant recours à l'IA pour certains éléments. Pour relever de cette catégorie, les parties instrumentales principales et les passages chantés doivent être réalisés par des humains.
Deezer seul en piste à ce jour
Les organisations à l'origine de cette nomenclature « vont travailler à une mise en place avec les services de musique numérique (streaming), les distributeurs, les agrégateurs et les instances normatives ». Actuellement, seule la plateforme française Deezer signale systématiquement les morceaux générés par IA parmi les grands services de streaming.
Réactions des plateformes
Fin avril, Spotify a lancé un label « Verified by Spotify », attribué selon plusieurs critères indiquant que l'artiste est vraisemblablement humain. Interrogé par l'AFP sur les nouveaux labels, Spotify n'a pas souhaité commenter. Apple Music n'a pas non plus répondu dans l'immédiat. En revanche, Graham Davies, directeur général de la Digital Media Association (DiMA), qui représente les services de streaming audio, a déclaré à l'AFP suivre « de près l'annonce d'aujourd'hui », sans se prononcer sur le système des labels. « Nous sommes enthousiastes à l'idée de recevoir des métadonnées IA plus détaillées et fiables, ce qui renforcera nos capacités à offrir aux fans la transparence à laquelle ils ont droit », a-t-il ajouté.



