Le 22 mars 2026, Alexandra Masson (Rassemblement national) est devenue maire de Menton avec la promesse d'une méthode : « Écouter, agir, préparer ». Cent jours plus tard, ce vendredi, elle a tenu une conférence de presse devant le musée Jean Cocteau pour dresser un bilan dense de ses premières actions.
Audits en cours et sécurité renforcée
Alexandra Masson avait annoncé plusieurs audits, dont un financier. Trois mois après, le processus en est au stade des appels d'offres : un jury doit désigner les cabinets retenus dans les prochains jours, pour un rendu des conclusions espéré avant Noël. La maire justifie ce calendrier par la lourdeur administrative. Aucune donnée de fond n'est encore disponible.
Sur le plan de la sécurité, la municipalité met en avant huit policiers municipaux recrutés et 23 caméras supplémentaires votées. Une nouvelle directrice de la police municipale est attendue au 1er septembre. L'équipe affirme avoir trouvé 24 agents en poste à son arrivée, pour 40 postes budgétés, avec l'objectif de monter à 48.
Gestion des sans-abri et logement
Le nombre de sans-domicile fixe référencés par les services sociaux est passé d'une centaine à environ 400 en deux ans, soit un triplement qualifié d'« énorme » par la maire pour une commune de cette taille. Un arrêté anti-mendicité « agressive » a été signé, complété par la préparation d'un accueil de nuit ouvert 24 heures sur 24, le premier à l'est du département. Le dispositif équivalent le plus proche se trouve actuellement à Nice.
Côté logement, la révision du plan local d'urbanisme, en application de la loi Le Meur, doit permettre l'instauration de servitudes de résidence principale dans certains quartiers. Plus de quatre logements sur dix à Menton sont des résidences secondaires. Une prime pouvant atteindre 5 000 euros pour la remise en location longue durée de logements vacants doit être votée le 2 septembre, retardée pour des raisons de calage fiscal avec les services du département. La mairie a également ouvert une discussion avec le ministère du Logement sur les pénalités liées à la loi SRU.
Climatisation des écoles et îlots de fraîcheur
Sur la climatisation dans le milieu scolaire, la maire révèle que 43 climatiseurs ont été installés en juin et 64 appareils sont prévus pour la rentrée de septembre, en priorité dans les classes de maternelle. « La priorité a été faite pour les petits, ils sont plus vulnérables et ne doivent pas souffrir de la chaleur, comme les personnes âgées. Sur la durée du mandat, 100 % des classes seront climatisées », a-t-elle déclaré. La municipalité annonce vouloir compléter ce dispositif par la création d'îlots de fraîcheur dans les cours d'école, en réduisant la part de bitume au profit de plantations.
Relations tendues avec l'opposition
Interrogée sur sa promesse de « tendre la main » à l'opposition, Alexandra Masson a été tranchante : « On peut tendre la main à quelqu'un qui a envie de la prendre, pas à quelqu'un qui tourne le dos. » Selon elle, l'opposition est « extrêmement virulente », attitude qu'elle attribue à la frustration de la défaite électorale. « Tant que l'opposition est comme ça, je n'ai pas particulièrement envie de lui tendre la main », a-t-elle lâché, notant un changement d'ambiance lors du dernier conseil municipal.
« J'applique ma manière de travailler, c'est normal, on m'a élue pour ça. Comme je l'ai dit au conseil, on ne m'a pas élue pour faire autre chose que l'application de mon programme. S'il ne convient pas à certains élus de l'opposition, je le comprends, mais ce n'est pas mon problème. J'ai des comptes à rendre uniquement aux Mentonnais, il n'y a personne d'autre », a-t-elle ajouté.
Indemnités des élus assumées
Sur l'augmentation des indemnités des élus (dont celles de la maire), votée en début de mandat, Alexandra Masson assume totalement, refusant d'y voir un mauvais signal politique. Elle défend un combat plus ancien pour la reconnaissance du temps consacré par les élus locaux à leur mandat, rappelant qu'il s'agit d'indemnités, non de salaires, et dénonce une forme d'hypocrisie chez certains détracteurs.



