Le 29 juin 2026, le Conseil d'État a rejeté la requête de l'association Caveirac Vaunage visant à annuler la déclaration d'utilité publique (DUP) du contournement ouest de Nîmes (Conim). Ce projet, d'un coût de 250 millions d'euros TTC, doit relier l'autoroute A9 à la RN106 sur 12 kilomètres. Malgré cette validation juridique, le projet reste en suspens, faute de financement.
Une décision attendue par les opposants
L'association Caveirac Vaunage contestait la DUP publiée au Journal officiel le 8 mars 2024, arguant d'une étude d'impact insuffisante et d'une absence d'utilité publique. Le Conseil d'État a estimé au contraire que le projet « doit permettre d'améliorer sensiblement les conditions de circulation à l'ouest de l'agglomération nîmoise en limitant notamment les interférences entre trafics de transit et trafics locaux ». Il a également jugé que le coût financier et les atteintes à l'environnement n'étaient pas excessifs au regard de l'intérêt public.
« Sur ce volet juridique, on ne peut plus rien faire », regrette Thierry Codou, président de l'association Caveirac Vaunage. « Même si l’Agglo, la Région et l’État se sont désengagés en grande partie, il restera une épée de Damoclès, sachant que la DUP porte sur la totalité du projet. »
Un projet déjà fragilisé financièrement
Dès janvier 2025, la préfecture du Gard avait indiqué que le plan de financement n'avait pas reçu la validation de tous les acteurs territoriaux. L'agglomération de Nîmes, alors dirigée par Franck Proust, se concentrait uniquement sur le premier tronçon reliant l'A9 à la RD40 (2 km). Un renoncement qui avait suscité la colère du maire d'Alès Christophe Rivenq.
Désormais, Vincent Bouget, nouveau maire de Nîmes et président de Nîmes Métropole, confirme que le dossier est « en stand-by ». « C’est l’État qui est maître d’œuvre dans ce dossier. Le contournement n’est pas inscrit au contrat de plan État Région et vu les problèmes financiers de l’État, tout le monde sait que ce contournement est complètement virtuel », explique-t-il. Il ajoute que si le projet se réduisait au premier barreau, il faudrait relancer une enquête sur ses conséquences.
Quelles alternatives pour désengorger la RN106 ?
Vincent Bouget appelle à « trouver d’autres solutions pour résorber ce trafic, réussir à désengorger la nationale. Mais raisonnablement, vu le coût d’un tel projet, personne ne peut aujourd’hui l’engager. » Le projet de contournement ouest de Nîmes, bien que juridiquement viable, semble donc condamné à rester au point mort, faute de moyens financiers et d'un consensus politique.



