Marion Geoffray, comédienne originaire de Bagnols-sur-Cèze installée en Écosse, concrétise son projet Passerelle : du 11 au 15 juillet 2026, elle emmène une délégation d'artistes et de programmateurs écossais au festival Off d'Avignon pour jeter un pont culturel entre les deux plus grands festivals de théâtre au monde.
Un projet né d'une fascination pour la culture britannique
Partie vivre au Royaume-Uni il y a seize ans, Marion Geoffray (née en 1989) a suivi des cours de théâtre à Bagnols avec Nicolas Maury, puis une prépa à Lyon avant un Erasmus à Londres. Admise en école d'arts dramatiques en 2010, elle s'installe à Édimbourg en 2015. "Quand je suis allée vivre à Édimbourg, je connaissais déjà ce festival. C’est vraiment l’épicentre du théâtre au Royaume-Uni", confie-t-elle.
Première phase : une délégation écossaise à Avignon
Soutenu par le ministère français des Affaires étrangères, Creative Scotland et l'Institut français d'Écosse, le projet Passerelle a pour objectif d'établir un réseau durable. La délégation comprend sa collaboratrice de l'Institut français, trois directeurs de théâtre du Edinburgh Festival Fringe et quatre artistes free-lance (comédiens, metteurs en scène, auteurs). "On va les amener voir un certain nombre de spectacles, les faire rencontrer des artistes locaux et des programmateurs. On va préparer le terrain pour les années suivantes", explique-t-elle.
Selon Marion Geoffray, les deux festivals ont longtemps manqué d'ouverture internationale. "Le festival Off n’était pas trop porté sur l’international, comme le Fringe à Édimbourg d’ailleurs. En Écosse, beaucoup ne connaissaient même pas le festival d’Avignon. Mais depuis quelques années, ça va un peu mieux. Par exemple, Harold David, directeur du festival Off, est venu au Fringe l’année dernière et il était très réceptif à notre projet."
Vers un laboratoire d'échanges franco-écossais
Les prochaines étapes prévoient l'accueil d'une délégation française à Édimbourg en 2027, puis la création d'un spectacle mêlant artistes des deux pays, présenté à Avignon et au Fringe. "Le but est aussi de prouver au financeur écossais Creative Scotland que ça peut marcher", souligne la comédienne, qui travaille aujourd'hui comme free-lance dans la facilitation de projets culturels, notamment avec des familles de migrants ou de demandeurs d'asile.



