Ce mardi 8 septembre, face à la canicule persistante, plus d'une vingtaine de professeurs du lycée Joffre de Montpellier ont suspendu leurs cours, jugeant les conditions d'enseignement insoutenables. D'autres établissements de la ville ont pris des mesures similaires. Une première à cette période, selon le SNES-FSU.
Des salles à 35 °C et des élèves à bout
Alors que Météo France plaçait encore l'Hérault en alerte jaune canicule, les enseignants du lycée Joffre ont décidé de ne pas assurer leurs cours, considérant que les conditions minimales d'enseignement n'étaient pas réunies. La décision aurait été prise lors d'une réunion exceptionnelle tenue dans la matinée. Des lycéens, à l'ombre de l'Esplanade, témoignent : « Dedans, c'est intenable ! On a des salles à 35 °C et même quand il y a des ventilateurs au plafond ça ne change pas grand-chose. Impossible de se concentrer. Et c'est pire qu'en juin dernier car il y a l'humidité en plus. »
Le lycée Joffre n'est pas un cas isolé. Lundi, Jean-Monet dans le quartier Alco et Joliot-Curie à Sète ont suspendu leurs cours pour des raisons similaires. Même constat au lycée Mermoz ce mardi, ou au lycée Jules Guesde où « les professeurs mis en difficulté par la chaleur ont reçu l'autorisation d'annuler leurs cours de l'après-midi », précise un enseignant. L'ensemble des établissements sont cependant restés ouverts pour accueillir des élèves un peu désabusés.
« C'est une première » selon le SNES-FSU
Stéphane Audebeau, co-secrétaire académique du SNES-FSU Montpellier, qualifie cette situation d'« emblématique » : « La communauté éducative s'est fortement mobilisée en avril dernier pour dénoncer auprès de la Région l'état des bâtiments et réclamer des travaux. Dans beaucoup d'établissements, l'isolation thermique n'est pas au niveau, les stores et les rideaux sont absents ou en mauvais état, tout comme les brasseurs d'air… La Région doit prendre conscience de la gravité de la situation dans ses lycées. » Il ajoute : « Il y a déjà eu des rentrées difficiles. Mais l'impossibilité de faire cours à la rentrée, à ma connaissance, c'est une première. Entre la chaleur et l'humidité, assurer les enseignements devient vraiment problématique avec un risque de malaise et des gens qui se sentent fortement fragilisés. »
Les élèves, eux, s'interrogent sur la suite : « Tous les ans on transpire dans les salles mais il n'y a pas grand-chose qui change, sauf peut-être que ça va arriver plus souvent dans les années à venir. On a demandé à nos profs de faire cours dehors, ils nous ont répondu qu'ils n'avaient pas l'autorisation. Qu'est-ce qu'on va faire du coup ? Aujourd'hui j'ai été libéré plus tôt alors que je devais terminer à cinq heures. Demain ? Aucune idée… »
Des conditions dénoncées aussi à l'université
Sur les réseaux sociaux, les messages se sont multipliés pour dénoncer les conditions dans certains locaux de la faculté de droit. « On en parle de la chaleur en amphi qui te tabasse, j'ai cru mourir », « C'est criminel de mettre 500 personnes dans un amphi sous 38 °C », « Même les poules vivent dans de meilleures conditions », peut-on lire sur des vidéos publiées par des étudiants sur TikTok. L'un d'eux confie : « Nous étions plusieurs centaines d'étudiants dans un petit espace non climatisé, portes et fenêtres closes. J'ai bien cru faire un malaise. »
Avec ce début de septembre caniculaire, l'année 2026 s'annonce comme une année de tous les records. Dans l'Hérault, l'été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré depuis 1947, avec quatre à cinq vagues de chaleur identifiées par Météo France. Ce lundi, le département était classé en vigilance orange canicule, une alerte qui n'avait été déclenchée qu'une seule fois en septembre depuis sa création, en 2023.



