« Bulle froide » dans l'Atlantique : un phénomène qui aggrave les canicules en Europe
« Bulle froide » : un phénomène atlantique qui aggrave les canicules

Alors que la canicule historique qui frappe l'Europe se déplace vers l'est, où l'Organisation mondiale de la santé a dénombré 1 300 morts depuis le 21 juin 2026, des études pointent un phénomène océanique qui aggrave ces épisodes de chaleur extrême : la « bulle froide » de l'Atlantique. Cette vaste zone d'eaux anormalement froides, située au sud de l'Islande et du Groenland, perturbe la trajectoire et la vitesse du courant-jet atmosphérique, ce courant d'air qui balaye le continent d'ouest en est.

Un mécanisme qui amplifie les dômes de chaleur

Selon Marilena Oltmanns, physicienne spécialiste de l'océan et du climat à l'université de Brême (Allemagne), interrogée par l'AFP, ces modifications du courant-jet favorisent la formation de systèmes de hautes pressions stagnants au-dessus de l'Europe, comme l'actuel « dôme de chaleur ». « Cette succession d'événements explique pourquoi l'Europe se réchauffe plus rapidement que d'autres régions du monde durant l'été », a-t-elle déclaré.

Des conséquences sur la biodiversité marine

La hausse des températures affecte également les océans. Sur la plage de Wimereux, dans le Pas-de-Calais, Grégory Beaugrand, directeur de recherche au CNRS, observe que les organismes qu'il prélève régulièrement deviennent de plus en plus petits. « Quand la composition du plancton se modifie, tous les niveaux de la chaîne alimentaire changent aussi », explique-t-il à l'AFP. « Les poissons qui aiment les eaux froides sont en train de disparaître de la Manche. »

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L'alerte des scientifiques

Le paléoclimatologue français Jean Jouzel, vice-président du Giec, craint que les responsables politiques « passent à autre chose » une fois l'épisode de canicule terminé. Dans un entretien dimanche, il a rappelé : « Le Giec n'a pas exagéré. Ce que l'on vit, c'est ce qu'on anticipe depuis cinquante ans. Ça doit inciter tous les citoyens à tenir compte de ce que les scientifiques disent. Les gens ferment les yeux, mais c'est extrêmement sérieux. »

Alors qu'au moins 130 millions d'habitants en Europe devraient connaître des températures supérieures à 35°C, la « bulle froide » de l'Atlantique apparaît comme un facteur clé du réchauffement accéléré du continent, un phénomène qui pourrait s'intensifier avec le changement climatique.

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